Dictionnaire érotique moderne
Alfred Delvau




Alfred Delvau

Dictionnaire érotique moderne





AUX ESPRITS LIBRES


Quand nous sommes entre nous, en petit comité, nous n’avons pas besoin de nous gêner; aussi arrive-t-il souvent, comme dit Gresset dans son Vert-Vert, que les f., les b. voltigent sur notre bec. Quand quelqu’un nous ennuie, nous lui disons: Tu m’entrouducutes, va te faire foutre. Quand nous voulons dire qu’un individu témoignait le désir de se comporter avec une femme de la manière la plus satisfaisante pour elle, au lieu de faire toute cette longue périphrase, nous disons: Il bandait comme un carme. Quand nous voulons exprimer tout le contraire, nous disons que c’est un vit mollet, un bande-à-l’aise. Un homme qui a du courage est un homme qui a des couilles au cul, etc.

Pour un étranger, tout cela est de l’hébreu. Il faut un dictionnaire pour comprendre les mots en usage; mais ne comptez pas sur celui de l’Académie, 6


 et dernière édition; MM. les académiciens n’ont pas assez de couille pour avouer de pareils termes. Il faut quelques hommes d’esprit supérieur qui se dévouent.

Pour la langue française, nous avions déjà le dictionnaire intitulé: Erotica verba de M. de L’Aulnaye; ce dictionnaire se trouve à la suite de l’édition de Rabelais publiée par Desoer en 1820. Il est certainement très utile, mais il ne donne pas beaucoup d’expressions contenues dans d’autres auteurs contemporains de Rabelais ou plus modernes que lui. M. Auguste Scheler, l’érudit distingué, le savant bibliothécaire du roi des Belges, crut devoir, pour ce motif, refaire à nouveau ce dictionnaire, et il publia en 1861, sous le pseudonyme de Louis De Landes, son Glossaire érotique de la langue française (Bruxelles, pet. in-8


 de XII 396 p.). —Notre excellent et spirituel ami Alfred Delvau voulut aussi refaire à nouveau ce travail; car lui, il avait eu le courage de descendre dans les bas-fonds sociaux, dans les bordels, dans les bastringues, dans les halles. Là, il avait recueilli nombre d’expressions pittoresques inconnues à ses devanciers. Il publia la première édition de son Dictionnaire en 1864. Tirée à petit nombre, elle fut promptement enlevée. Elle donna lieu à de nombreuses contrefaçons et à de fort mauvaises imitations. Delvau cependant avait préparé une seconde édition de son œuvre, plus châtiée et plus complète que la première, lorsque la mort nous l’enleva, en 1867. Nous recueillîmes ses épaves avec soin, et nous en faisons faire aujourd’hui, à petit nombre, une impression soignée pour les esprits libres et éclairés.

Delvau n’a pas eu le temps de faire une nouvelle préface pour sa nouvelle édition; nous allons, en conséquence, reproduire simplement la judicieuse Introduction de sa première édition. Nous la ferons suivre du remarquable Avant-propos placé par M. Auguste Scheler à la tête de son Glossaire érotique. Enfin, nous ajouterons, rivalisant avec les deux précédentes, la préface placée par Moncrif à la tête du Recueil du Cosmopolite; c’est l’une des plus spirituelles pièces de cet ingénieux écrivain, et en même temps une des plus rares et qui a rapport au sujet dont nous nous occupons: la petite révolte de la liberté de l’esprit contre les préjugés plus encore que contre les conventions sociales.

Un mot encore, et nous terminons. Dans la nouvelle édition, on remarquera que l’auteur s’est réellement borné cette fois au langage moderne et qu’il n’est pas remonté plus haut que Marot et Rabelais.

Il a négligé beaucoup de fantaisies niaises, prétentieuses et inusitées de quelques auteurs modernes, comme Nerciat, Rétif, la Tour du Bordel, ou d’argots de voleurs, de chiffonniers, etc.; par exemple, les mots inir (de Nerciat) hubir (de la Tour), pante, sinve (qui se trouvent dans le dictionnaire d’argot de Larchey), etc.

Enfin, il a supprimé quelques mots qui se retrouvent dans les dictionnaires français usuels: libidineux, lascif, impudicités, tendron, autel de la volupté, calice, etc. C’était superflu à répéter.




INTRODUCTION



(1


 édition du Dictionnaire érotique.)

Aucun écrivain, jusqu’à ce jour, ne s’est senti assez franc du collier ni assez ferme des rognons pour entreprendre la publication d’un Dictionnaire érotique complet; publication jugée nécessaire cependant par tout le monde, par les gourmets aussi bien que par les goinfres, par les lettrés aussi bien que par les simples curieux.

Ce que nous avons sur la matière est bien peu de chose: le Glossarium eroticum linguæ latinæ de Pierrugues, le Dictionnaire françois contenant les mots et les choses de Richelet, le Dictionnaire d’amour de Dreux du Radier, celui de Sylvain Maréchal, celui de Girard de Propiac, et enfin le Glossaire érotique de la langue française de M.*** (dit Louis De Landes). En apprenant, il y a trois ans, la publication de ce dernier ouvrage, j’allais renoncer à continuer le mien, que je supposais dès lors inutile; une rapide lecture me détrompa: le Glossaire érotique de M.*** n’est autre chose que les Erotica verba du 3


 volume de Rabelais, édition Desoer, – avec cette différence que les Erotica verba tiennent dans une trentaine de pages et que M.*** les a délayés dans un fort volume in-12. Mais les expressions modernes, mais les mots pittoresques, nés d’hier, qui servent d’étiquettes aux choses de la coucherie, de l’amour et de la polissonnerie, qui a eu la patience de les colliger et le courage de les nomenclaturer? Personne. La littérature contemporaine compte assurément nombre d’excellents esprits très dignes de mener à heureuse fin une œuvre de l’importance et de la nature de celle-ci: il n’en est pas un seul qui ait osé emboucher le clairon de l’émancipation, pas un qui soit parvenu à se démailloter, à se débarrasser de ses langes et de ses lisières. Ce sont en effet de si grands seigneurs que les préjugés! de si grandes dames, les conventions! Songez donc: appeler les choses par leur nom, – la grosse affaire!

Pour moi, qui n’ai pas la vaine superstition du langage, et qui, au contraire, possède au suprême degré la haine, presque le dégoût de la feuille de vigne que les hypocrites placent sur leurs discours – comme les vieilles femmes un couvercle sur leur pot de chambre, – j’aborde résolûment le taureau par les cornes, et j’essaie de faire, à mes risques et périls, ce que personne jusqu’ici n’a eu le courage de tenter. Car il est bien entendu que je compte pour rien le prétendu Glossaire érotique de la langue française de M.***, à qui une pudeur inexplicable a fait prendre la précaution – inutile – de s’abriter derrière un pseudonyme.

Ce qui m’a guidé dans cette intéressante besogne, à laquelle j’ai consacré de nombreuses veilles et pour laquelle je ne demande aucune récompense, – m’en étant déjà décerné une à moi-même, – ce n’a pas été de donner satisfaction aux curiosités malsaines des libertins, vieux ou jeunes, qui se jettent sur les livres obscènes comme les mouches sur des rayons de miel: j’ai trop le respect de moi-même pour descendre à une aussi puérile infamie, quelque haut prix qu’elle rapporte à son auteur. Le métier de masturbateur intellectuel peut avoir des avantages précieux pour les gens qui croient, avec Vespasien, que l’argent ne pue point; mais comme je ne me sens pas le moins du monde porté à l’exercer, je ne l’exerce pas. Mes visées sont plus hautes et mes habitudes d’esprit moins malpropres. J’ai le style gaillard, mais l’intelligence chaste.

La langue française étant, de l’avis de Voltaire, «une gueuse fière à qui il faut faire l’aumône malgré elle,» j’ai voulu essayer de glisser dans la poche de son Dictionnaire légal, si pauvre, la plupart des expressions du Dictionnaire interlope, si riche, que je publie aujourd’hui, malgré ses imperfections involontaires et ses omissions inévitables. Je me suis fait le saint Vincent de Paul des nombreux mots orphelins qui grouillent dans le ruisseau, des nombreuses expressions vagabondes qui se morfondent depuis si longtemps à la porte du Dictionnaire de l’Académie, et je leur ai construit, à mes frais, un petit hospice en attendant qu’on songe à les admettre dans le grand.

Ce qui se parle doit s’écrire, et tout doit se parler – même devant les jeunes filles. Les mots ne sont pas ordes, ce sont les pensées qui sont sales. La lecture de l’Arêtin et la vue des priapées du Musée secret de Naples sont moins corruptrices que beaucoup de romans que je pourrais citer, et je serais même disposé à absoudre le marquis de Sade (assuré que je suis de la parfaite innocuité de sa Justine) si ce misérable avait écrit en meilleur français: les livres dangereux sont les livres mal faits. Le libre langage de nos pères, qui effarouche tant de ridicules pudeurs, vaut cent fois mieux que notre phraséologie bégueule – et en même temps embrenée d’équivoques obscènes – dont ils se seraient si justement crevés de rire. Langue châtrée, peuple castrat. Où sont nos couilles du temps jadis? Qu’a-t-on fait du français médullaire, si substantiel et si savoureux, de Mathurin Régnier, d’Agrippa d’Aubigné, d’Amyot, de Rabelais, de Montaigne, de Brantôme, et de tant d’autres écrivains qui besognaient fort et dru? On l’a remplacé par le petit français d’un tas de petits écrivassiers, les uns membres – émasculés – de l’Académie, les autres dignes de le devenir. Et voilà pourquoi notre langue est muette, d’éloquente qu’elle était autrefois!

C’est à ne s’y pas reconnaître dans cette tour de Babel moderne, où l’on est arrivé, par le bégueulisme, à la confusion du langage. Jamais on n’a aussi mal écrit, ni aussi mal parlé. L’hôtel de Rambouillet, qu’on pouvait croire exproprié et démoli pour cause de clarté publique, existe avec plus de locataires que du temps de la Guirlande de Julie; il y en a depuis le sous-sol jusqu’aux combles, maîtres et domestiques mêlés, Houssaye sur Lamartine, Musset sur Murger, Mérimée sur Aubryet, Janin sur Sainte-Beuve. Ces Précieuses mâles – du moins du sexe masculin, car mâles emporte avec soi une idée de vigueur que je ne veux pas attacher au nom de ces péronnelles en culottes, – ces Précieuses, à l’exemple de leurs aînées en jupons, fessées à tour de bras par Molière, ont frappé de proscription tous les mots virils de notre langue, toutes les expressions bien bâties, qui avaient jadis droit au respect général et qui en sont réduites aujourd’hui à faire le trottoir, comme de vulgaires prostituées.

Ah! que cette horreur du mot propre est bête, dangereuse – et inutile! Qu’est indécent et saugrenu cet amour de la périphrase et du sous-entendu qui joue dans la conversation le rôle d’énigme dont tout le monde finit toujours par trouver la clef! «Vilains hypocrites! s’écrie Denis Diderot avec une indignation sincère; foutez comme des ânes débâtés, mais permettez-moi de dire foutre. Je vous passe l’action, passez-moi le mot. Vous prononcez hardiment tuer, voler, trahir, et l’autre, vous ne l’oseriez qu’entre les dents!.. Il est bon que les expressions les moins usitées, les moins écrites, les mieux tues, soient les mieux sues et les plus généralement connues. Aussi, cela est: aussi, le mot futuo n’est-il pas moins familier que le mot pain; nul âge ne l’ignore, nul idiome n’en est privé; il a mille synonymes dans toutes les langues, il s’imprime en chacune sans être exprimé… et le sexe qui le fait le plus, a usage de le taire le plus.»

Que répondraient à cela nos Précieuses – si on les consultait? Que Diderot était un écrivain ordurier, qui aimait les vilains mots comme certaines gens aiment les mauvaises odeurs, et qu’aujourd’hui on le condamnerait à deux ou trois années de prison pour «outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs,» – sans compter deux ou trois autres années pour «outrage à la religion catholique.»

J’y consens – pour un instant. Mais Michel de Montaigne? Oserez-vous, pécores, dire de ce gentilhomme périgourdin ce que vous avez niaisement reproché au fils de l’ouvrier coutelier de Langres? Montaigne a écrit la même chose, pourtant, et tout aussi clairement: «Qu’a fait l’action génitale aux hommes, si naturelle, si nécessaire et si juste, pour n’en oser parler sans vergongne, et pour l’exclure des propos sérieux et règlez? Nous prononçons hardiment tuer, desrobber, trahir; et cela, nous n’oserions qu’entre les dents. Est-ce à dire que moins nous en exhalons en paroles, d’autant nous avons loy d’en grossir la pensée? Car il est bon que les mots qui sont le moins en usage, moins escripts, et mieulx teus, soient les mieux sceus et plus generalement cogneus…»

		Vous les appelez des ordures
		Tous ces mots qui, ruisseaux de miel,
		Coulent avec de doux murmures
		Des lèvres en quête du ciel!

		Vous vous signez lorsqu’on raconte
		Ce que signifie Être heureux!
		Vous vous cachez le front de honte
		D’avoir joui comme des dieux!

		Vous rougissez de vos ivresses
		Lorsque vous êtes dégrisés,
		Et vous reniez vos maîtresses
		Lorsque repus de leurs baisers!

		Quel mal trouvez-vous donc à dire
		Ce qu’à faire vous trouvez bon?
		Pourquoi crime un charmant délire?
		Comment caca votre bonbon?

		Ah! libertins de sacristie
		Dont le cœur à la bouche ment,
		Pourquoi recrachez-vous l’hostie
		Gobée à deux si goulûment?

Ce cant que nous reprochons si maladroitement aux Anglais, nous l’avons au même degré qu’eux; nous rougissons pudiquement, jeunes vierges à barbe, des grossièretés de notre Rabelais, comme ils rougissent, ces pucelles à favoris rouges, de leur Shakespeare. Et plus nous allons, et plus notre cant s’aggrave – avec nos vices. Je me rappelle encore l’émotion générale qui accueillit, il y a deux ans, le chapitre des Misérables de Victor Hugo où s’étale superbement la réponse énergique de Cambronne à Waterloo. C’était un scandale à nul autre pareil. On ne voulait pas croire à tant d’audace, et, le nez même sur la page où cette shockinerie se trouve déposée, avec des commentaires aggravants tout autour, on se refusait encore à y croire. Des cris de paon étaient poussés dans les salons et dans les cafés à propos de cette incongruité littéraire. Les académiciens se cachaient la face et se couvraient de cendres. Arsène Houssaye mettait un crêpe à sa houlette de berger en chambre. Madame Louise Colet prenait le voile. Champfleury allumait des lampions sur sa fenêtre, au grand ébahissement des habitants de Montmartre – qui se croyaient déjà au 15 août…



    Victor Hugo avait écrit Merde!

Sans doute. Après? et pourquoi toutes ces clameurs de pies en délire? Que prouve cette sainte – et ridicule – indignation? Rien, sinon que depuis Boileau les lecteurs français veulent être respectés quoiqu’ils ne se respectent pas eux-mêmes. Rien, sinon que la chasteté de notre langage témoigne surabondamment du libertinage de nos mœurs. Rien, sinon que nous ne trouvons les mots ordes et puants que parce que nos actions sont malsaines et nidoreuses. Rien, sinon que notre âme est un fumier sur lequel poussent les fleurs – de rhétorique. Rien, sinon qu’au lieu de laisser aux femmes le bégueulisme des paroles, nous l’affichons comme la feuille de vigne de l’impudicité, faisant ainsi semblant d’ignorer que jamais la pureté de l’âme humaine n’a été entamée par les familiarités les plus stercoréennes du langage humain. Il ne nous manquait que cette hypocrisie-là pour être complets!

Les questions morales que cela soulève sont de la plus haute importance, et j’aurais grande joie à les examiner ici avec détails, afin de vider une bonne fois sur la tête d’un public béotien le panier de mes colères et de mes ironies. Mais, par malheur, la place me manque, mon cadre me force à me borner: à peine me reste-t-il quelques lignes.

J’abrège donc, ne voulant d’ailleurs prouver rien autre que mon droit à réunir en corps de livre une cohue d’expressions pittoresques auxquelles le Dictionnaire de l’Académie fera faire éternellement le pied de grue, sans daigner même entrebâiller un de ses feuillets pour en laisser entrer quelques-unes chez lui. «Toutes les langues roulent de l’or,» a dit Joubert, – et l’argot d’un peuple entier est une langue, spécialement l’argot érotique; s’il vit en marge du Dictionnaire officiel, comme les gens qui le parlent vivent en marge de la société officielle, il n’en finira pas moins, à un moment donné, par se confondre comme eux dans la circulation générale.

Au reste, peu me chaut! C’est déterminément que j’ai composé le recueil pornographique que je publie aujourd’hui, sans arrière-pensée mauvaise; non pour tenter mes contemporains du gaillard péché de luxure, – comme le diable de Papefiguière les nobles nonnains de Pettesec, – mais à titre seul de documents pour l’histoire de la langue et celle des mœurs au XIX


 siècle, et avec cette conviction, solidement ancrée dans ma conscience, que s’il n’est utile à personne, à personne non plus il ne sera nuisible. Les lecteurs vraiment chastes ne s’en sentiront pas corrompus; les lecteurs corrompus n’en deviendront pas plus libertins.

Je n’aurai jamais à me couper le poignet par remords de l’avoir écrit.




AVANT-PROPOS



(du Glossaire érotique)

Il faut avoir un certain courage pour faire un livre comme celui-ci; car, tout d’abord, la plupart des personnes qui l’ouvriront s’empresseront de le rejeter comme un tissu d’obscénités, qu’un homme qui se respecte n’aurait jamais dû mettre au jour. Pour beaucoup de gens, sans doute, la première impression sera telle; mais pour ceux qui voudront un peu réfléchir, ils reconnaîtront bientôt qu’il y a un but utile dans cette publication; qui n’est faite ni pour les jeunes filles, ni pour les écoliers.

Pendant plusieurs siècles, on n’attacha aucune idée malhonnête à une multitude de mots et d’expressions qui sont actuellement bannis de la bonne compagnie, et les hommes les plus graves les employaient sans que personne y trouvât à redire. Peu à peu, on a trouvé que certains mots devaient être bannis de la langue, et on les a remplacés par d’autres, ou bien par des périphrases qui expriment, il est vrai, la même idée, mais en bannissant le scandale. C’est sans doute une singulière manière de voir que de regarder un mot comme obscène, et non pas ce qu’il veut dire; car il semblerait raisonnable de ne blâmer dans un écrit que les pensées qui y sont reproduites, et de ne taxer qu’elles seules d’immoralité, sans s’attacher aux mots, qui ne sont que le moyen de rendre les idées palpables. Mais, enfin, la coutume est ainsi établie, et il faut s’y soumettre, sous peine d’être honni. Un auteur qui ne se conformerait pas à cet usage ne serait pas lu, et, de plus, il irait faire un tour en police correctionnelle. Aussi n’avons-nous point le projet de vouloir réformer le monde et de changer sa manière de voir sur un sujet qui a été traité par Bayle beaucoup mieux que nous ne le pourrions faire.

La manière actuelle d’écrire ne doit cependant pas faire proscrire la littérature du XII


 au XVII


 siècle, et empêcher de lire des écrivains distingués, qui n’ont commis d’autres fautes que d’employer dans leurs écrits des mots dont on se servait dans toutes les classes de la société. Tous les dictionnaires ayant soin de bannir de leurs colonnes les mots réprouvés, il arrive que bon nombre d’expressions employées autrefois deviennent inintelligibles pour les lecteurs, qui ne les entendent pas dans la conversation. Cet inconvénient se fait surtout sentir pour les étrangers, car les nationaux ont parfois occasion de les entendre employés par le peuple. Il semble donc que la publication d’un glossaire érotique doit être accueillie favorablement par tous ceux qui veulent lire notre ancienne littérature, et qui sont désireux de bien comprendre les écrivains qui n’ont eu d’autre tort que d’appeler un chat un chat, et qui, sous des obscénités apparentes, ont souvent caché des leçons de morale et de philosophie, que les persécutions religieuses les empêchaient de publier ouvertement.

C’est donc à la partie sérieuse des gens lettrés que nous nous adressons, notre unique but étant de rendre plus familière la lecture d’écrivains d’un grand mérite. Certains d’entre eux, il est vrai, ont été publiés avec un glossaire spécial; mais, en général, il est fort incomplet, surtout en ce qui regarde les termes érotiques. Et puis ces explications manquent presque toujours dans les anciennes éditions, qui sont actuellement fort recherchées.

Dans cet ouvrage, tous les mots sont imprimés en entier, aucune lettre n’étant remplacée par des points; car cette coutume semble s’éloigner tout à fait du but qu’elle se propose. Que veut-on, en effet? Que l’attention ne se fixe pas sur des mots qu’on regarde comme déshonnêtes. Et, de bonne foi, est-il meilleur moyen de l’y fixer que de ne pas imprimer le mot tout entier, puisqu’alors on est forcé de faire des efforts d’imagination pour retrouver ce qui a été omis, tandis que s’il en était autrement on n’y ferait que fort peu d’attention, l’examen ne se portant que sur la pensée exprimée dans la phrase qu’on lit. On croirait vraiment que ce moyen a été inventé par quelque libertin.

Quant à l’orthographe, nous avons suivi en général celle qui est adoptée actuellement, celle des temps anciens étant si variable, même dans le même auteur, que nous n’aurions su laquelle choisir. Seulement, nous avons indiqué toutes les manières diverses d’orthographier le même mot, en renvoyant pour les explications et les citations à celui qui est écrit à la moderne.



    L’Auteur




PRÉFACE




(du Recueil du Cosmopolite)

Il semble que la philosophie ne fasse qu’à regret (pour ainsi dire) des progrès dans l’esprit de l’homme; si elle gagne à quelques égards aujourd’hui, elle perd si considérablement par d’autres côtés, que la compensation n’est pas égale. Les connaissances physiques prennent, il est vrai, de jour en jour, un essor plus rapide, mais combien l’esprit de morale n’a-t-il pas dégénéré?

Tandis que nos philosophes s’occupent de cette attraction qui entretient le jeu des différentes parties de l’univers, l’impression conséquente que doivent leur faire les mots les plus estimables de notre langue leur échappe, ou se métamorphose dans leur imagination, et ces mêmes mots ne présentent presque plus, pour la plupart, le vrai sens auquel ils avoient été attachés.

Faut-il chercher d’autre cause de la différence des mœurs de ce siècle-ci à celles des siècles passés? Sans doute, la naïveté avec laquelle nos pères s’énonçoient, et qu’on a depuis si injustement qualifiée du nom de langage libre, étoit la base et le garant de la pureté de leurs mœurs.

Leur façon de vivre étoit aussi simple que leur langage; parmi eux, oui vouloit dire effectivement oui, et non exprimoit exactement non. Point de ces subterfuges qui sont autant de ressources pour la mauvaise foi, et d’écueils de la solidité de l’esprit.

La malignité des termes équivoques, d’autant plus dangereuse qu’elle fait les délices des petits esprits, et par conséquent du plus grand nombre, n’étoit point encore connue.

Quelle contrainte ces fausses idées qu’on attache aujourd’hui à un grand nombre de manières de s’exprimer, n’apportent-elles pas dans la société? Il faut en exposer ici quelques exemples.

Qu’une femme à qui vous parlerez d’un voyage agréable et curieux que vous aurez fait, vous dise: Je meurs d’envie de le faire, les sots éclatent de rire, et les fausses prudes rougissent.

Céliante se donne la torture pour mettre son gant trop étroit pour sa main; vous n’oseriez jamais lui dire: Madame, voulez-vous que je vous le mette? ni même: que je vous l’ôte? parce que notre esprit corrompu va plus loin que les termes propres ne signifient, et qu’il suppose que, pour l’ôter, il faut l’avoir mis, et qu’il soit dedans.

Si vous vous servez de ces termes simples, vous passez pour un sot, ou du moins pour un mauvais plaisant.

A peine est-il permis de dire que la Marne se décharge dans la Seine, ou qu’un fusil est chargé.

Nos dévots, même de la première classe, avoient voulu faire passer cette réformation prétendue de style jusque dans la manière de faire des enfants à sa femme, et trouvant une idée trop libertine, et une façon trop peu décente de se mettre dessus à nu, ils avoient imaginé de faire un trou chacun à leur chemise, pour opérer, disoient-ils, plus modestement et plus convenablement le grand œuvre de la propagation du genre humain.

Je laisse à juger si ceux qui en agissent ainsi n’ont pas l’imagination plus déréglée que ceux qui tout uniment se mettent dessus, dans la simple nudité que la sage nature nous a donnée.

Avec quelque pureté d’intention que vous employiez les mots d’enfiler, remuer, branler, large, étroit, se retirer et cent autres, ils réveillent à présent des idées licencieuses. Personne n’ignore le rire scandaleux qu’ont excité, dans les derniers temps, ces quatre vers du grand Corneille:

		Dis-moi donc, lorsqu’Othon s’est offert à Camille,
		A-t-il paru contraint? A-t-elle été facile?
		Son hommage auprès d’elle, a-t-il eu plein effet?
		Comment l’a-t-elle pris? Et comment l’a-t-il fait?

La saine raison, lorsqu’elle conduisoit les hommes, ne leur avoit point appris à faire une distinction imaginaire d’une expression supposée gratuitement malhonnête, avec une autre qui ne blesse point la pudeur.

On prononce le mot crime sans remords, comme celui de vertu sans édification; on croit avec justice n’être point garant des idées opposées que l’un et l’autre présentent. Par quel égarement va-t-on déshonorer d’autres termes, qui ont le même droit d’être au rang de ceux qui composent la langue? Pourquoi les exclure de la conversation et des ouvrages littéraires, où souvent ils seraient si naturellement amenés?




DICTIONNAIRE EROTIQUE





A


Abandonner (S’). Se livrer complétement à un homme, lui ouvrir bras et cuisses, lui laisser faire tout ce que lui conseillent son amour et sa lubricité.

		Ce n’est pas le droit naturel
		A fille de s’abandonner.

    (Farces et Moralités.)


Si ma femme, impatiente de ma langueur, à autrui se abandonne.

    Rabelais.

		Lise, qui partout s’abandonne,
		Ne fait qu’en flatter son mari.

    Théophile.
Abatteur de bois. Fouteur, – son outil étant considéré comme une cognée, et la nature de la femme, à cause de son poil, comme une forêt.



Il n’étoit pas grand abatteur de bois, aussi étoit-il toujours cocu.

    Tallemant des Réaux.



Les beaux abatteurs de bois sont, comme les rois et les poëtes, des raræ aves.

    Baron Wodel.



Ce Jacques était un grand abatteur de bois remuant.

    (Moyen de parvenir.)



Il lui présenta cent mille choses que ces abatteurs de femmes savent tout courant et par cœur.

    (Les Cent Nouvelles nouvelles.)

		Je me connais en gens;
		Vous êtes, je le vois, grand abatteur de quilles.

    Régnier.
Abbaye de Clunis (L’). Le cul, – de clunis, fesse, croupe, – une abbaye qui ne chômera jamais faute de moines.

Abbaye de s’offre à tous. Bordel, dont les victimes cloîtrées s’offrent volontiers à tout venant qui tient à communiquer avec elles sur l’autel de leur dieu des jardins.

Abbesse. Grosse dame qui tient un pensionnat de petites dames à qui on n’enseigne que les œuvres d’Ovide et de Gentil-Bernard: autrement dit Maîtresse de bordel, – le bordel étant une sorte de maison conventuelle habitée par d’aimables nonnains vouées, toutes au dieu de Lampsaque.

		Lorsque tu vas rentrer, ton abbesse en courroux
		Te recevra bien mal et te foutra des coups.

    Louis Protat.
Abeilard. Nom qu’on donne à tout homme qui se trouve dans le cas de cet abbé, dont il est question dans les Contes d’Eutrapel, lequel en ses jeunes ans «avoit perdu ses deux témoins instrumentaires.»

Abeilardiser. Rendre un homme impuissant en le châtrant, comme fit le chanoine Fulbert à l’amant d’Héloïse.

		D’un colonel vous courtisez la femme;
		Surpris, il vous abeilardisera.

    Pommereul.
Aboucher (S’). Avoir trouvé chaussure à son pied, et mettre son pied – à moelle – dedans.

		On veut chercher
		A s’aboucher.

    Collé.
Abouler de la braise. Payer une fille, lui donner le salaire du plaisir qu’elle va vous donner – avec la vérole ou la chaude-pisse.



Ça me semble tout drôle d’avoir à abouler d’la braise au lieu d’en recevoir.

    Lemercier de Neuville.

		– Ange! murmurai-je, plein d’aise
		Comme un amoureux innocent.
		– Il faut abouler de la braise,
		Me dit-elle en me repoussant.

    A. Delvau.
Abricot de la jardinière (L’). La nature de la femme, – qu’elle soit jardinière ou princesse.

Abricot fendu. La nature de la femme, qui ressemble, en effet, à ce fruit, – ce qui permet de supposer, vu l’absence de toutes preuves contraires, que le Paradis terrestre était un immense abricotier.

Abuser d’une femme. En jouir charnellement, soit de gré, soit de force, – mais le plus souvent de gré, les femmes se plaisant à être ainsi abusées.



Vous êtes un infâme, vous avez lâchement abusé de moi pendant mon sommeil… – Vous m’en voulez donc?.. – Oui, parce qu’il fallait attendre que je fusse réveillée.

    Baron Wodel.

Académie d’amour. Lieu où on va pour jouer au jeu de Vénus – et de Mercure: en bon français, Bordel. – Le mot se trouve dans le Francion de Ch. Sorel et dans les Aventures burlesques de Dassoucy.



Allons-nous à l’Académie, ce soir? – Non, je ne suis pas en queue.

    J. Le Vallois.

Accident. Manque d’haleine dans le discours amoureux; hasard malencontreux qui fait tomber (accidere, ad cadere) le membre viril au moment même où il devrait relever le plus orgueilleusement sa tête chauve.

		La malheureuse Hortense
		Vient de perdre, à Paphos,
		Un procès d’importance
		Qu’on jugeait à huis-clos;
		Son avocat, dit-elle,
		Resta court en plaidant:
		Voilà ce qui s’appelle
		Un accident.

    Collé.
Accident féminin. Avoir ses règles. Événement prévu qui arrive juste quand une femme, ayant un ou plusieurs bons coups à tirer, donnerait tout pour qu’il y eût retard.



Nul autre que Pinange ne m’avait enfilée; peu de jours avant de le rendre heureux, j’avais eu mon accident féminin; il était donc bien avéré que ce qui allait se développer dans mes flancs était son paternel ouvrage.

    A. de Nerciat.

Acheter une conduite. Se ranger après avoir été très dérangée par les michés; épouser un seul homme après avoir été mariée au genre humain.



Les filles qui ont fait des économies en suant le plus possible du con, peuvent seules s’acheter une conduite; il y a des messieurs qui ne sont pas plus délicats que Vespasien et qui, comme cet empereur, prétendent que l’argent n’a pas d’odeur.

    A. François.

Accointances (avoir des). Commercer charnellement avec un homme lorsqu’on est femme, avec une femme lorsqu’on est homme.



Je supposai qu’elle avait eu des accointances avec le baron ou avec son laquais.

    A. Lireux.

		De quelque valet l’accointance
		Serait-ce bien votre désir?

    Théophile.
		C’est qu’à l’ombre du crucifix,
		Souvent faites filles ou fils,
		En accointant les belles-mères.

    G. Coquillart.


Il faut que quelqu’un se soit accointé que notre ménage a ainsi renforcé.

    (Les Cent Nouvelles nouvelles.)

Accolade. Baiser qui engendre l’envie de baiser, – à ce point que le même mot sert aux deux actions, la chaste et la libertine.

		Une catin s’offrant à l’accolade,
		A quarante ans il dit son introït.

    Piron.
Accoler. Faire l’acte vénérien, – dont le début est presque toujours une accolade mutuelle.

		Quand le jeune et charmant champion
		Accola la charmante Armide,
		Notre morpion se hâta
		De gagner la forêt humide
		Qui devant lui se présenta.

    B. de Maurice.


C’était un adieu que lui disaient toutes les femmes, filles et garces qu’il avait accolées.

    (Moyen de parvenir.)

Accommoder une femme. La baiser convenablement de manière qu’elle ne réclame pas – à moins qu’elle ne soit trop gourmande.



Mon drôle met pied à terre, descend la demoiselle, et l’accommode de toutes pièces.

    D’Ouville.

Accomplir son désir. Faire l’acte copulatif, qui est et sera l’éternelle desiderium de l’humanité – mâle et femelle.



Il disait à ses gens de la tenir par les bras, tandis que Robin accompliroit son désir.

    Ch. Sorel.

Accorder sa flûte. Se préparer à l’acte vénérien; bander, – la pine de l’homme étant l’instrument dont les femmes connaissent le mieux l’embouchure et dont elles jouent le plus savamment, soit avec la langue, soit avec les doigts, soit avec le cul.



Allons, mon bel ami, accordez votre jolie petite flûte.

    Durand.

		Mais Jeannot plus se délectait
		D’accorder sa flûte avec elle.

    Théophile.
Accorder ses faveurs. Se dit d’une femme qui ouvre son cœur, ses bras et ses cuisses à un homme pour qu’il use et abuse de cette ouverture.



Ne sera-ce qu’une déclaration de sentiment? Faudra-t-il lui accorder les faveurs?

    La Popelinière.

Accouplement (L’). L’acte copulatif, qui accouple souvent un jeune homme avec une vieille femme, un vieillard avec une jeune fille, un libertin avec une presque pucelle, une bête avec un homme d’esprit.

		A tout prix je voulus la renvoyer chez elle;
		Mais elle résista, – ce fut mon châtiment,
		Et jusqu’au rayon bleu de l’aurore nouvelle,
		J’ai dû subir l’horreur de notre accouplement.

    Henri Murger.
Accoupler (S’). Faire l’œuvre de chair, qui consiste dans une conjonction de deux créatures de sexes différents.



Il en est de certains hommes comme des animaux; ils n’aiment pas, ils s’accouplent aux femmes, qui pour eux ne sont que des femelles.

    Baron Wodel.

Accroc au mariage (Faire un). Faire son mari cocu; donner une rivale à sa femme.

		Mais quand tu s’ras dans ton ménage,
		Faut pas pour ça t’ priver d’amant,
		Car les accrocs faits au mariage,
		C’est du nanan.

    E. Debraux.
Accroche-cœurs. Petites mèches de cheveux que les femmes se collent sur les tempes, afin de se rendre plus séduisantes aux yeux des hommes et d’accrocher ainsi le cœur qu’ils portent à gauche – dans leur pantalon.

		Sur nos nombreux admirateurs
		Dirigeons nos accroche-cœurs.

    Louis Festeau.
Accrocher. Faire l’acte vénérien – pendant lequel l’homme est accroché à la femme avec son épingle, qui la pique agréablement pendant quelques minutes.



Et elle rit quand on parle d’accrocher.

    (Moyen de parvenir.)



Deux minutes encore, et je l’accrochais sans vergogne sur la mousse.

    Em. Durand.

Achever un homme. Le sucer, ou le branler, ou le faire piner tellement, dans la même soirée, qu’il tombe épuisé sur le flanc comme un lapin. – Les anciens avaient le même verbe; ils disaient, soit: peragere viros; soit: exhaurire crebro concubitu.



Tu l’as éreinté, ton homme; encore un coup, et tu l’achèveras.

    Lemercier de Neuville.

Acte. Coup tiré avec une femme, – par allusion sans doute à la chemise qu’on lève et qu’on abaisse, comme le rideau d’un théâtre, avant et après chaque acte. Plus il y a d’actes, plus le vaudeville amuse la femme – qui se garde bien de siffler.



Quand nous en arriverons à l’acte, je te prouverai, carogne, que les petits en ont plus gros que les grands.

    Em. Durand.

Actéoniser. Tromper son mari.



Une marchande qui dès le lendemain de ses noces a actéonisé son mari.

    (Les Caquets de l’accouchée.)

Acteur (L’). L’homme qui joue le rôle d’amoureux dans la comédie à deux personnages dont l’auteur a désiré garder l’anonyme, et qui porte pour titre: La Fouterie.



Lui, un acteur! dit la dame, qui savait à quoi s’en tenir sur le jeu secret du sire. C’est un cabotin vulgaire, plutôt, qui s’est usé en jouant avec des drôlesses.

    Léon Sermet.

		A peine fut cette scène achevée,
		Que l’autre acteur par sa prompte arrivée,
		Jeta la dame en quelque étonnement.

    La Fontaine.
Action (L’). Le jeu de la pine et du con, – qui est l’action par excellence.



Arrivons tout de suite à l’action, veux-tu?

    La Popelinière.

		Et puis l’action ordinaire
		Est si sale après la façon.

    Théophile.
Action fréquente (L’). La fouterie, qui est la chose que l’on fait le plus souvent quand on est jeune, vigoureux et bien membré.



Il concède indulgence plénière à tous les religieux de l’ordre de nature, de corps véreux que la débilité de l’âge ou l’action fréquente causera.

    Mililot.

Action honteuse (L’). La fouterie, dont rougissent le plus en public les gens qui la font le plus sans vergogne en particulier.



L’œil pour regarder l’action honteuse avec une chaleur vive et représenter à la personne aimée l’image du plaisir de son âme…

    Mililot.

Administrer une douche – Faire pleuvoir le sperme dans le cul brûlant de la femme, – cette adorable folle dont nous sommes tous fous.

		Le dieu des jardins en ce lieu
		Une heureuse douche administre.

    (Le Cabinet satyrique.)


Je lui administrai une douche qui l’inonda et lui fit crier comme à Panurge: Je naye, je naye, je naye!

    Baron Wodel.

Adroite en amour (Être). Se dit d’une femme ou d’une fille qui connaît sur le bout du doigt et de la langue l’art de faire jouir les hommes.

		Adroite en amour,
		Elle y sait plus d’un tour.
		C’est une aisance!
		Une indécence!
		L’on croit voir une femme de cour!

    Collé.
Affaire. L’acte vénérien, le membre viril de l’homme, ou le con de la femme.



Le grand cordelier ayant achevé son affaire.

    (Moyen de parvenir.)

		Macette, on ne voit point en l’amoureuse affaire
		Femme qui vous surpasse en traits d’agilité.

    (Cabinet satyrique.)
		Pense que peut en cela faire
		Qui se plaît à l’affaire.

    Jodelle.


Elle disait qu’il n’y avait si grand plaisir en cette affaire que quand elle était à demi forcée et abattue.

    Brantôme.

		Dites-vous que l’amour parfait
		Consiste en l’amoureuse affaire.

    Théophile.
		Le jeune homme puceau l’appelle son affaire.

    Protat.
		Mon cher ami, j’ai l’habitude
		De me couvrir, en me baignant,
		D’un sac qui me cache et me serre
		Des pieds jusques à l’estomac…
		– Parbleu! c’est prudent, dit Voltaire,
		Et votre affaire est dans le sac.

    C. Fournier.


Que voulez-vous que je vous donne pour me permettre d’arracher un poil de votre affaire?

    D’Ouville.

Affaire avec quoi l’homme pisse (L’). La pine, – un mot que n’osent pas avoir à la bouche les femmes qui ont le plus au cul la chose qu’il représente.



N’en as-tu pas vu quelqu’un qui pissât, et cette affaire avec quoi il pisse?

    Mililot.

Affaire de cœur. Coucherie, —cœur étant mis là pour cunnus.



Vous êtes en affaire? me cria-t-il à travers la porte, pendant que j’accolais ma drôlesse et la suppéditais avec énergie. – Oui, répondis-je en précipitant mes coups, je suis en affaire… de cœur.

    J. Le Vallois.

Affaires (Avoir ses). Avoir ses menstrues, qui sont toute une affaire, en effet.

		Ce n’est pas le jour des affaires
		Qu’il paraît le plus affairé.

    Eugène Vachette.
Affiler le Bandage. Bander, —arrigere.



Ainsi que des amants temporels pigeonnaient la mignotise d’amour, affilant le bandage.

    (Moyen de parvenir.)

Affriander un homme. Le tenter du gaillard péché de luxure en lui montrant un mollet bien tourné, une gorge bien ferme, des fesses bien blanches, etc.



Serais-je étonnée de te voir un caprice pour ces princesses-là (des fesses)? Va, va, mon cher, elles en ont affriandé bien d’autres.

    A. de Nerciat.

Affront (Faire un). Débander juste au moment où il faut bander le plus roide, – seule impertinence que les femmes ne pardonnent pas.

		Tournez en ridicule
		Ceux qui n’avancent pas
		Plus d’un pas,
		Ou qui font
		Un affront
		Au second.

    Collé.
Agacer le sous-préfet. Se masturber. – L’expression est tout à fait moderne, et fréquemment employée, quoique d’une étymologie difficile.

Agent. Celui qui agit: le doigt, le vit ou le fouteur. Ce mot s’emploie aussi pour les sodomites; le nom d’agent appartient à celui qui encule par opposition au mot patient, donné à celui qui se fait enculer.



Mais en un mot, si Monrose, agent de plein gré, ne devint pas patient avec autant de résignation que le père, c’est que…

    (Félicia.)

Agir. Faire l’acte vénérien, – celui qui exige la plus grande dépense d’activité: Res, non verba!



Les poètes chantent la femme, les goujats la baisent; les uns agissent pendant que les autres pensent: les goujats sont plus heureux que les poètes.

    Baron Wodel.

Agnès. – Jeune fille embarrassée de son pucelage; fausse ingénue qui affecte de croire que les enfants se font par l’oreille, bien que son petit cousin lui ait appris par quel autre endroit ils s’improvisent.



Je n’aime pas ces Agnès-là, je leur préfère des garces franchement déclarées.

    Lireux.

Agréments naturels. Le membre viril.



Il arrive de province ce matin, et la fatigue du voyage fait un peu de tort à ses agréments naturels.

    (Les Aphrodites.)

Aide-mari. Amant, – qui aide en effet l’époux dans sa besogne conjugale, mais à son insu, bien entendu.



Il est assez égal que les enfants qu’elle pourra donner à son époux soient de lui ou du plus fécond des aide-mari qu’elle favorise.

    A. de Nerciat.

Aigrette conjugale. Au figuré: ornement de tête de MM. les cocus; les cornes que leur font porter mesdames leurs épouses.



X… a couché avec madame Z…? Encore un fleuron à ajouter à l’aigrette conjugale de son mari.

    (Diable au corps.)

Aiguille. Le membre viril, avec lequel on pique les femmes, – qui en enflent pendant neuf mois.

		Mariette est femme très honnête,
		Et si ce n’est un jour de fête,
		Elle a toujours l’aiguille en main.

    Théophile.


Un vieil homme est comme une vieille horloge, plus elle va avant, plus l’aiguille se raccourcit.

    Tabarin.

Aiguillon. Le membre viril, avec lequel on pique les femmes pour les réveiller quand elles sont endormies.

		Et profitant d’un moment de faiblesse,
		Il lui glissa son fringant aiguillon.

    Piron.
Aiguillonner. Travailler du bout de la langue sur un vit, ou sur un clitoris.



… Dès lors, il a le nez sur la céleste mappemonde, et sa langue amoureuse aiguillonne le brûlant bijou.

    (Aphrodites.)

Aimant. Ce qui attire l’homme à la femme, et vice versa.



Quand mes baisers passionnés lui coupent la parole, quand mes téméraires mains et le reste ont mis le feu partout… nos aimants se joignent, s’attirent, s’unifient… L’univers est oublié!..

    Monrose.

Aimer. Synonyme élégant et pudique de foutre. Quand un homme dit à une femme: «Je vous aime,» il veut lui dire et elle comprend parfaitement qu’il lui dit: «Je bande comme un carme, j’ai un litre de sperme dans les couilles, et je brûle de l’envie de te le décharger dans le con.» Il n’y a que les poètes, les impuissants et les mélancoliques qui aient osé jusqu’ici donner à ce verbe éminemment actif un sens passif – et ridicule.

		… La fille entretenue
		Dit: Aimons!!!..

    Protat.
Aimer ça. Avoir un goût fort vif pour les choses de la fouterie et pour la fouterie elle-même.

		Monsieur, tout ce qu’il vous plaira.
		J’aime assez ça,
		J’aime bien ça.

    Collé.
Aimer la femme. Avoir le tempérament amoureux, aimer à aimer – quelque femme que ce soit.



Que voulez-vous, mon père? j’aime la femme et je le lui prouve le plus souvent que je peux.

    J. du Boys.

Aimer la marée. Aimer à gamahucher une femme, se dit par allusion à l’odeur sui generis qu’exhale son vagin. – L’expression date seulement du XVIII


 siècle, et elle vient de l’académicien Saint-Aulaire, le même qui avait fait sur la duchesse du Maine le fameux quatrain où il est déjà question de Téthys. Il serait dommage de priver la postérité de ce second quatrain, qui méritait de devenir aussi fameux que le premier:

		De l’écume des mers, dit-on,
		Naquit la belle Cythérée:
		C’est depuis ce temps que le con
		Sent toujours un peu la marée.

Aimer le cotillon. Aimer la femme – surtout quand elle est déshabillée.



Vous aimez trop le cotillon, mon cher, il vous en cuira.

    E. Durand.

Aimer le goudron. Aimer à enculer, soit les femmes, soit les hommes, – ce qui embrène la queue.

		Pour Jupiter, façon vraiment divine,
		Le con lui pue, il aime le goudron.

    (Chanson anonyme moderne.)
Aimer l’homme. Avoir du goût pour la pine, s’en servir le plus souvent possible; jouer franchement des fesses lorsqu’on est sous l’homme.



Les femmes qui aiment l’homme sont assez rares, aujourd’hui que les femmes aiment si volontiers la femme et que les tribades ont remplacé les jouisseuses.

    A. François.

Aimeuse. Petite dame – galante, – qui fait profession d’aimer. – Synonymes: putain, lorette, cocotte, grue, catin, vache, etc., etc.

		Les Juifs avaient leurs Madeleines;
		Les fils d’Homère leurs Phrynés.
		Délaçons pour tous les baleines
		De nos corsets capitonnés.
		Rousses, blondes, brunes ou noires,
		Sous tous les poils, sous tous les teints…,
		Qu’il pourrait raconter d’histoires,
		Le cercle de nos yeux éteints!
		Folâtres ou rêveuses,
		Nous charmons;
		Nous sommes les aimeuses:
		Aimons!

    Eug. Imbert.
Air cochon (Avoir un). Avoir un visage provoquant, qui appelle l’homme, qui le convie à manquer de respect à la femme qui a ce visage; avoir les yeux égrillards, la bouche voluptueuse, etc.



Je vous ai un petit air cochon comme tout.

    Lemercier de Neuville.

Ajuster une femme. La baiser, – ce qui est ajuster le membre viril dans son vagin avec la raideur d’une flèche lancée d’une main sûre.

Alcibiadiser. Agir en pédéraste passif, se laisser enculer – comme Alcibiade par Socrate.

Aller à Cythère. Ce que les délicats appellent Ad summam voluptatem pervenire, et les voyous, Aller au bonheur, – le seul voyage que l’on ne puisse faire seul, et que l’on fait toujours à cheval sur une belle jument.

		J’aime, dit Ros’, quand on m’mène à Cythère,
		Qu’on se promèn’ pendant plusieurs instants;
		Dès qu’on r’ssort, ça n’ m’amuse guère.

    Dida.
Aller à dame. Baiser; coucher avec une femme. – Cette expression, empruntée au jeu de dames, a été inventée par un pion de l’institution Sainte-Barbe.

Aller à la visite. Se dit des filles publiques qui, au jour fixé par les règlements de police, doivent se rendre au Dispensaire pour subir un examen de santé de la part de médecins ad hoc, qui les renvoient si elles sont saines et les retiennent si elles sont malades.

		C’est demain, ô mes sœurs, le jour de la visite.

    Albert Glatigny.
Aller à Pinada. – Faire l’acte vénérien, – à dada– sur une pine.

Aller au beurre. Baiser une femme, dont le con ne tarde pas à devenir ainsi une baratte.



Zut! je veux aller au persil pour aller au beurre, moi, na!

    Lemercier de Neuville.

Aller au bonheur. Jouir en baisant, parvenir à la félicité suprême. – Cette expression, une des plus justes de la langue érotique moderne, est précisément celle qui se lisait comme enseigne sur les bordels de Pompéï: Hic habitat felicitas.



Tu as donc envie d’aller au bonheur, mon petit homme!

    Lemercier de Neuville.

Aller au café. Gamahucher une femme. On dit aussi: prendre sa demi-tasse au café des Deux-Colonnes.

Aller au gratin. Baiser une femme publique, – à l’œil, – ce qui est une gourmandise pour certains travailleurs. Allusion au gratin que laisse un mets au fond de la casserole et qui trouve toujours un amateur – quand tout le monde est servi.

Aller au persil. Se dit des femmes autorisées qui se promènent le soir dans les rues, sur les trottoirs, et qui ne cessent de se promener que lorsqu’un galant homme, un peu gris, les prie de se reposer – pour tirer un coup avec lui, dans une chambre de bordel ou dans un arrière-cabinet de marchand de vins. —Voy.Aller au beurre (#Aller_au_beurre).

Aller au vice. Aller au bordel.

Aller chez le voisin. Enculer une femme; se tromper, volontairement ou involontairement, d’endroit.



Tiens… me voilà… Pas comme ça, donc! Tu va chez le voisin… Laisse-moi te conduire.

    H. Monnier.

Aller d’attaque (Y). Baiser avec énergie, sur l’herbe ou sur une chaise, sous le ciel du lit ou sous le ciel de Dieu, sans se préoccuper des passants et des enfants.



La limace… là, bien blanche, avec ses creux et ses montagnes, ça m’met sens sus d’sous… Allons-y d’attaque!

    Lemercier de Neuville.

Aller de son beurre. Jouir copieusement, lorsqu’on est sous l’homme, sans craindre la vérole et les enfants, et décharger deux ou trois fois sans qu’il ait déconné.



Tu m’as fait crânement jouir, cochon! Voilà la première fois que j’y vas de mon beurre aussi franchement.

    Lemercier de Neuville.

Aller de son voyage. Les filles de bordel emploient cette expression pour dire qu’elles ont joui avec un miché: «J’y ai été de mon voyage.»

Aller du cul. Se trémousser dans la jouissance vénérienne, ou dans l’attente de cette jouissance, qui est toujours précédée d’une foule de friandises fort agréables.



Il se trémoussa vers moi en se baissant, et moi vers lui en me haussant; les culs nous allaient à tous deux comme s’il eût eu déjà le vit au con.

    Mililot.

Aller et retour (Donner ou faire l’). Tirer deux coups avec une femme, sans déconner.



C’est un pauvre homme, dit-elle; il ne peut pas même faire l’aller et retour sans être sur les dents.

    A. François.

Aller l’amble. Faire l’acte vénérien, soit parce que dans cette besogne l’homme imite l’allure des chevaux qui vont l’amble, entre le trot et le pas, entre fort et doucement, soit parce que pour aller l’amble amoureux il faut être deux —ambo.

Aller se faire couper les cheveux. Aller au bordel. – L’expression date de l’établissement des bains de mer de Trouville, fréquentés par la meilleure société parisienne. Trouville est pour ainsi dire un faubourg du Havre, mais un faubourg sans bordels. Les messieurs sans dames qui ont des besoins de cœur s’échappent, vont au Havre et reviennent l’oreille basse, la queue entre les jambes, comme honteux de leurs mauvais coups. – D’où venez-vous? leur demandent les dames. – J’ai été me faire couper les cheveux, répond chaque coupable. – Les dames trouvaient – trouvillaient, dirait Commerson; – qu’ils allaient bien souvent se faire arranger – la chevelure.

Aller trop vite à l’offrande et faire choir le curé. Décharger au moment où l’on va baiser une femme que l’on a désirée trop longtemps, et débander immédiatement.

Allonger (S’). Bander, – dans l’argot des maquignons.

Allumelle. Membre viril.

		Plusieurs n’aimassent tout autant
		Pour chatouiller leur allumelle
		Le réservoir d’une pucelle.

    (Heures de Paphos.)
Allumer (S’). Être en érection, soit devant une femme, soit devant une photographie obscène.



Il ne s’allume pas!.. Je ne s’rais pourtant pas fâchée qu’i m’ baise, car il a un rude membre.

    Lemercier de Neuville.

Allumer la chandelle. Mettre un homme en état de baiser, par des attouchements habiles aux environs de son braquemard et sur son braquemard lui-même.

Allumer le flambeau d’amour. Copuler.

		J’ m’approch’ crân’ment et j’ lui propose
		D’allumer le flambeau d’ l’amour;
		Cédant au désir qui m’allèche.
		De mon feu n’ jaillit qu’un’ flammèche.

    F. de Calonne.
Allumer un homme. Se dit des femmes légères – comme chausson – qui, par leurs regards incendiaires, provoquent les hommes à la fouterie.



Elle! elle n’allumerait pas même un homme en amadou.

    Lemercier.

Allumette. Le membre viril, avec lequel on met le feu à tant de jeunes imaginations.



N’approche pas de moi ton allumette: tu me brûlerais, et je n’y suis pas disposée.

    Baron Wodel.

		Modeste appelle une allumette
		Ce que lui montre son amant.

    E. T. Simon.
Amant. Nom que l’on donne, non pas à l’homme qui aime une femme, mais à celui qui la fout.

		Un vieux monsieur millionnaire,
		Remplaçant le prince Charmant
		Rêvé par toute pensionnaire,
		De Manette eût été l’amant.

    Alfred Delvau.
Amant de cœur. Greluchon, maquereau, homme qui, s’il ne se fait pas entretenir par une femme galante, consent cependant à la baiser quand il sait parfaitement qu’elle est baisée par d’autres que lui: c’est, pour ainsi dire, un domestique qui monte le cheval de son maître. – Il y a cette différence entre l’amant simple et l’amant dit de cœur que le premier est un fouteur qui souvent se ruine pour sa maîtresse, et que le second est un fouteur pour lequel sa maîtresse se ruine quelquefois – quand il la fout bien. Aussi devrait-on appeler ce dernier l’amant de cul, le cœur n’ayant absolument rien à voir là-dedans.

Amarris. Vieux mot hors d’usage signifiant matrice, employé dans un sens obscène pour désigner la nature de la femme.

		Et madame qui perd l’attente
		Du bien que donnent les maris,
		Soupire de son amarris.

    J. Grevin.
		C’est ma maîtresse
		Qui a mal à son amatrix.

    (Ancien Théâtre français.)
Amâtiner (S’). Se prostituer à tous les hommes, comme une chienne chaude à tous les mâtins.

Ami. Synonyme décent d’amant, qui est lui-même synonyme de fouteur.



Les autres qui auront plus de hâte et prendront des amis par avance pour en essayer…

    Mililot.

Amitié. Dans tout vocabulaire érotique, amitié est le synonyme d’amour. – C’est tout un petit drame intime et bourgeois, qui se joue à trois personnages: la femme, le mari et l’amant. S’il en survient un quatrième, c’est l’ami de l’amant, qui, presque toujours, est à l’amant…

		… Ce que l’amant est au mari.

    Gavarni.
Amour. Sentiment de création moderne. Les anciens ne connaissaient que la fouterie, – ce que Théophile Gautier, un poète, a si fort à tort appelé un «sentiment ridicule accompagné de mouvements malpropres,» – et il était donné à notre génération, épuisée par tant de masturbations intellectuelles, d’inventer cette sinistre plaisanterie qui dépeuplerait promptement la terre, si les Auvergnats n’étaient pas là.

		L’amour est une affection
		Qui, par les yeux, dans le cœur entre,
		Et par forme de fluxion
		S’écoule par le bas du ventre.

    Régnier.


Amour, substantif des deux genres: échange de deux fantaisies; privilége pour toutes les folies que l’on peut faire; pour toutes les sottises que l’on peut dire. – On a de l’amour pour les fleurs, pour les oiseaux, pour la danse, pour son amant, quelquefois même pour son mari: jadis on languissait, on brûlait, on mourait d’amour; aujourd’hui, on en parle, on en jase, on le fait, et le plus souvent on l’achète.

    E. Jouy.

		De son vit couturé de chancreuses ornières,
		Pénétrer, chancelant, au fond d’un con baveux.
		Mettre en contact puant les canaux urinaires,
		De scrofules pourris, nous créer des neveux.
		De spermes combinés faire un hideux fromage;
		Au fond de la cuvette, humide carrefour,
		En atomes gluants voir le foutre qui nage…
		Voilà l’amour!

    Paul Saunière.
Amoureuse entreprise (L’). L’acte vénérien.

Amoureux des onze mille vierges. Jeune homme timide qui toutes les nuits couche, en imagination, avec toutes les femmes qu’il a rencontrées dans la journée, et, en réalité, avec la veuve Poignet, – qu’il a toujours sous la main.



Je n’ai jamais sérieusement aimé qu’une femme, la mienne; et cependant, comme tous les jeunes gens, j’ai été amoureux des onze mille vierges.

    A. François.

Amoureux larcin. La petite oie de la fouterie, la monnaie de la jouissance, – baisers dérobés, fesses pincées, etc.

		Dans ses amoureux larcins,
		Le papelard se rengorge;
		Quand sa main flân’ sur ma gorge,
		Il dit qu’il ador’ les saints.

    Jules Poincloud.
Amoureux transi. Baiseur plus chaud en paroles qu’en action, et qu’à cause de cela les femmes tiennent en maigre estime.



Il arrive de là que ceux qui aiment le plus, comme ces amoureux transis, sont ceux qui chevauchent le moins.

    Mililot.

Amour physique (L’). Le seul amour, le véritable amour, celui des gens bien portants d’esprit et de corps, – enfin celui que prisent sérieusement toutes les femmes, même celles qui lisent le plus de romans.

		En style énergique
		Mon amour physique
		S’explique.

    Collé.
Amour platonique. L’amour ridicule par excellence, l’amour des poètes, des gens qui ont plus de cervelle que de queue, et qui aiment la femme à distance respectueuse parce que leurs moyens ne leur permettent pas de l’aimer plus près.

		Je fais grand cas
		De l’amour pur et platonique,
		Mais je n’en use pas.

    Collé.
Amour socratique. La pédérastie, que Socrate pratiquait si volontiers à l’endroit – je veux dire à l’envers d’Alcibiade.

Amuser un homme. Le faire jouir par tous les moyens connus et inconnus.

		Dans mon bordel il vient souvent beaucoup de vieux,
		Ce sont ceux-là, d’ailleurs, qui nous payent le mieux:
		Sais-tu par quels moyens, petite, on les amuse,
		Et de quelle façon à leur égard on use?

    Louis Protat.
Amuser (S’). Se branler.

Amusette (Faire l’). Se peloter mutuellement en attendant le moment de baiser, ou après avoir baisé; plus spécialement, se branler avec l’extrémité d’un membre viril, quand on est femme.



Lorsque nous avions couru quelques postes et que j’avais quelque peine à remonter sur ma bête, elle, qui n’était ni fatiguée ni rassasiée, s’emparait avec autorité de ma lavette et faisait l’amusette.

    A. François.

Anandryne. Femme qui n’aime pas les hommes, ou au moins leur préfère les femmes pour se livrer au libertinage et à la fouterie. Sapho était anandryne; elle avait un long clitoris et s’en servait comme un homme de son vit avec les femmes. Horace appelait Sapho mascula, femme mâle, femme hommesse, comme le dit Mirabeau dans son Erotika Biblion. Les Vestales à Rome, les Gymnopédistes à Sparte, instituées par Lycurgue, étaient anandrynes.

Anchois. La verge d’un petit garçon, et même la queue d’un homme lorsqu’elle a des dimensions trop grêles, – par allusion à la gracilité de ce poisson.



Approche ton anchois, ton mignon… là… bien… tu y es… Le sens-tu frétiller?

    Léon Sermet.

Andouille. Le membre viril, dont les femmes sont si friandes, – elles qui aiment tant les cochonneries!

		De tout le gibier, Fanchon,
		N’aime rien que le cochon:
		Surtout devant une andouille,
		Qu’aux carmes l’on choisira,
		Elle s’agenouille, nouille,
		Elle s’agenouillera.

    Collé.
Andouille des carmes (L’). Le membre viril.

Andrins. Culistes, hommes qui ne font aucun cas des charmes féminins et ne fêtent que des Ganymèdes.



Les andrins sont les jacobins de la galanterie; les janicoles en sont les monarchiens démocrates, et les francs sectateurs du beau sexe sont les royalistes de Cythère.

    (Diable au corps.)

Androgyne. Pédéraste, qui réunit en lui les deux sexes puisqu’il sert de maîtresse aux hommes et d’amant aux femmes, – comme ce grand libertin de Jules-César, qui était le mari de toutes les femmes et la femme de tous les maris.

Androgyne (Faire l’). Baiser une femme, ce qui est proprement réunir les deux sexes en un seul.

Anglais. Noble étranger, fils de la perfide Albion ou de la rêveuse Allemagne, qui consent à protéger de ses guinées une femme faible – de vertu – pendant toute la durée de son séjour à Paris.



Amélie ne te recevra pas, Polyte: elle est avec son Anglais.

    Watripon.

Anglais (Avoir ses). Avoir ses menstrues, à cause de la couleur rouge de cet écoulement, qui est aussi la couleur de l’uniforme anglais.

		Puis de son corps couvrant ma mère,
		Dans le sang des Anglais baigné,
		Que de coups a tirés mon père
		Dans la montagne où je suis né.

    (Chanson anonyme moderne.)
Anglais ont débarqué (Les). Les menstrues ont fait leur apparition.



Il n’y a pas moyen ce soir, mon chéri: les Anglais ont débarqué.

    Lynol.

Angora. Petit nom d’amitié que les filles donnent à leur con, à cause de son épaisse fourrure.



Flatte mon angora, cher ange, baise-le de tes lèvres: nous allons jouir.

    J. Le Vallois.

Anneau d’Hans Carvel (L’). Le con de la femme – dans lequel tout honnête homme doit mettre le doigt quand il n’y peut plus mettre la pine.



Une femme aimable est un anneau qui circule dans la société, et que chacun peut mettre à son doigt.

    Sophie Arnould.

		Chantons l’anneau du mariage,
		Bijou charmant, bijou béni;
		C’est un meuble utile au ménage,
		Par lui seul un couple est uni.
		Avant quinze ans, jeune fillette
		Veut que l’on pense à son trousseau,
		Et qu’on lui mette, mette, mette,
		Mette le doigt dans cet anneau.

    Béranger.
Anus (L’). Le trou du cul.

		Déferle ton entrecuisse,
		Que j’ contemple
		Le saint temple
		De Vénus,
		Et ton anus.

    G. de la Landelle.
Aphrodisiaques. Remèdes propres à tonifier, à roidir – momentanément – le membre qui a cessé d’être viril, par suite de maladies ou d’excès vénériens. Les stimulants les plus généralement employés sont les truffes, le musc, le phosphore, le safran et les cantharides.

		Puis, ce sont encor des parfums
		Aphrodisiaques en diable.

    Alfred Delvau.
Apothicaire. Pédéraste, ou sodomite; homme qui se trompe volontairement de côté quand il est au lit avec une femme et qui l’encule au lieu de la baiser.

		Jean, ce frotteur invaincu,
		Au soir, dans une taverne,
		Frottait Lise à la moderne,
		C’est-à-dire par le cul.
		Elle, qui veut qu’on l’enfile,
		Selon sa nécessité,
		Disait d’un cœur irrité
		Qu’un clystère est inutile
		A qui crève de santé.

    (Le Cabinet satyrique.)
Apôtre de l’anus. Pédéraste, ou seulement sodomite, – homme qui se plaît à envoyer (ἀποστελλω) son sperme dans le vagin breneux d’un autre homme, de préférence au vagin naturel de la femme.

		Ah! dans toute la chrétienté,
		Il faut que la société
		Envoie des missionnaires,
		De saints apôtres de l’anus,
		Qui, tirant les vits des ornières,
		Prêchent l’Évangile des culs.

    Collé.
Appas. Les beautés d’une femme qui excitent le désir de l’homme, – mais principalement ses tétons.

		Ah! Marton, malgré tes appas,
		Non, non, je n’y survivrai pas.

    Béranger.
Appétit (Avoir.) Se sentir des démangeaisons amoureuses, être en disposition de baiser.



Te sens-tu en appétit ce soir? – Un appétit énorme! – Alors, allons à la Patte de chat.

    Lemercier.

Appliquer la peau d’un garçon (S’). S’introduire le membre viril dans le vagin.



C’est un grand soulagement d’être aimée, et je trouve, pour moi, que je m’en trouve mieux de la moitié depuis que je me suis appliqué la peau d’un garçon dessus.

    Mililot.

Appliquer un homme sur l’estomac (S’). Se laisser enfiler comme une perle par lui, la perle sur le dos, et l’homme sur la perle.



Et fût-il coiffeur ou laquais, d’aussi huppées que vous se l’appliqueront sur l’estomac sans lui demander ses preuves.

    A. de Nerciat.

Apprivoiser une fille. La dépuceler, – ce qui la rend naturellement moins sauvage.

		Malgré les grands parents, malgré les fortes grilles,
		Mon cher, je connais l’art d’apprivoiser les filles.

    Léon Sermet.
Après la panse, vient la danse. Vieux proverbe: Après la mangeaille, la fouterie.

		Pour se mettre en humeur, il faut emplir la panse;
		Sans Cérès et Bacchus, Vénus est sans pouvoir;
		Un ventre bien guédé est plus prompt au devoir:
		Après la panse, aussi, ce dit-on, vient la danse.

    (Proverbes d’amour.)
Araignée. Faire patte d’araignée. Action de prendre les couilles et le vit de l’homme de manière à chatouiller le tout à la fois en allant de la tête du vit au périnée et au trou du cul, de haut en bas, à droite et à gauche et retour, en y joignant des coups de langue au filet du vit décalotté, le tout jusqu’à jouissance complète. —VoirPatte d’araignée (#litres_trial_promo).

Arbalète. Le membre viril, probablement par jeu de mots, parce qu’on bande, – à moins qu’on ne dise bander que parce qu’on appelle la pine une arbalète destinée à blesser la femme au ventre.



Bandez votre arbalète, mon doux ami, et visez-moi dans le noir.

    E. Durand.

Ardillon. Le membre viril, soit parce qu’il pique, soit parce qu’il brûle.



Au lieu de sentir lever son ardillon, il se sentait plus froid qu’à l’ordinaire.

    D’Ouville.



Je sens ton ardillon… Ah! je le sens… Chien! chien! tu me brûles…

    Baron Wodel.

Argument. Pousser un argument naturel et irrésistible; c’est-à-dire une déclaration d’amour, sous la forme d’un bon vit – dans un bon con, qui ne trouve rien à redire à cela.

		Sans brusquer une fillette,
		Moi j’attends patiemment
		Qu’elle soit bien en goguette
		Pour pousser mon argument.

    E. C. Piton.
Aristoffe (L’). Maladie honteuse, dans l’argot des filles et de leurs souteneurs. – Le mot viendrait-il de l’italien arista, épine? ou du grec ἄρίστος, la meilleure – des maladies – ou la maladie des aristos?



J’en ai eu quatorze depuis celle-là, et de toutes couleurs, car quoi qu’en disent les malins, les aristoffes se suivent et ne se ressemblent pas.

    Lemercier de Neuville.

Arme de l’homme (L’). Son outil à génération, avec lequel il blesse souvent les femmes, – heureuses d’être ainsi blessées.

		A ces mots me relevant,
		Plus dispos qu’auparavant,
		Je me saisis de mon arme.

    (La France galante.)


Elle me rappelait le tambour de ma compagnie à astiquer et fourbir ainsi mon arme.

    Lemercier.

Arracher son copeau. C’est le to leacher des Anglais, qu’il ne faudrait pas croire spécial aux menuisiers, – parce qu’il n’y a pas que les menuisiers qui sachent se servir du rabot que la nature a placé au ventre de tous les hommes.

Arracher son pavé. Faire l’acte vénérien, – à cause de l’effort que cela exige sans doute.



Oui, c’est ainsi toutes les fois que j’arrache mon pavé avec une demoiselle.

    Lemercier de Neuville.

Arrangée (Être). Être baisée.

		Ah! monsieur, je suis saccagée!
		Vous n’en viendrez jamais à bout!
		La comtesse était arrangée,
		Et criait encor d’un ton doux:
		Arrangez-vous.

    Collé.
Arranger une femme, ou un homme. La bien baiser, ou le bien branler.



Tu dois bien arranger une femme, hein?

    Lemercier de Neuville.

		Qu’il soit vioc ou non,
		Arrange-le tout d’ même.

    Dumoulin.
Arrière-boutique. Le cul, qui est situé sur le derrière, et dans lequel le membre aime à se réfugier quand il est resté quelque temps dans la boutique, qui est sur le devant.



A l’instant cette demoiselle, ouvrant son arrière-boutique, laissa aller un vent.

    D’Ouville.

Arriver à ses fins. Finir par baiser une femme pour laquelle on bandait, – ce qui est la fin de tout roman d’amour.



Là! tu en es arrivé à tes fins, petit cochon!

    Watripon.

Arroser. Éjaculer dans la nature de la femme – un charmant petit jardin dont nous sommes les heureux jardiniers. Pluie ou sperme, quand cela tombe à propos, cela féconde.



Pourquoi ne voudraient-elles pas être arrosées?

    Cyrano de Bergerac.

Arroser le bouton. Décharger son sperme dans le vagin d’une femme, sur le bouton de son clitoris.

		Son directeur, dit-on,
		Craignant qu’on lui ravisse
		Sa Rose, sa Clarisse,
		Lui arros’ le bouton.

    Joachim Duflot.
Arthur. Nom poli qu’on donne à l’amant de cœur d’une femme galante. C’est le chevalier à la mode de Dancourt.



Toute lorette, inévitablement, a son Arthur, comme toute fille publique son maquereau, comme toute pomme pourrie son ver.

    Baron Wodel.

Article (Faire l’). Se dit des maquerelles plantées le soir sur le seuil des bordels, qui essaient d’y faire entrer les passants en leur dépeignant rapidement, avec des couleurs un peu fortes mais saisissantes, les beautés diverses et les talents particuliers de leurs pensionnaires.



Tu resteras sur le seuil du bazar et tu feras l’article pour nos demoiselles.

    Lemercier.

Article (Être fort sur l’). Être toujours prêt à foutre, – porté sur sa pine comme un gourmand l’est sur sa bouche.

		Et sur l’article, ah! que j’étais solide;
		Dis-moi, Marton, dis-moi, t’en souviens-tu?

    (Chanson anonyme moderne.)


La marquise est froide sur l’article.

    Louvet.

Artillerie de Cupidon ou de Vénus. Les parfums, les aphrodisiaques en général – et surtout en particulier.

Asperge. Le membre viril – dont les femmes sont si friandes, et qu’elles sucent volontiers, avec la sauce blanche qui les accommode ordinairement.

Aspergès. Le membre viril avec lequel, en effet, nous aspergeons de foutre le con des femmes. – On dit mieux: Goupillon.

		C’est bien dit; car, comme j’estime,
		L’aspergès d’un moine sans doute
		Est si bon, qu’il n’en jette goutte
		Qu’elle ne soit bénie deux fois.

    (Ancien Théâtre français.)
Assaillir une femme. La baiser; monter, la queue en main, à l’assaut de son vagin.

		Jean, cette nuit, comme m’a dit ma mère,
		Doit m’assaillir.

    Gautier-Garguille.


Après que ce premier assaut fut donné, la belle recouvra la parole.

    Ch. Sorel.

		Mais Trichet du premier assaut
		Se contenta. Chétive était la dose
		Au gré d’Alix.

    Vadé.
Asseoir sur le bouchon (S’). S’asseoir sur une pine, de façon à être baisée, soit en grenouille par devant, soit en levrette par derrière.



Viens t’asseoir sur le bouchon, garce, et si tu ne jouis pas, c’est que tu ne le voudras pas.

    V. Caillaud.

Asticot. Le membre viril, qui grouille dans la nature de la femme comme un ver blanc dans la viande.



Tu écorches mon asticot, salope!

    Lemercier.

Astiquer. Faire l’amour, – dans l’argot des filles et des maquereaux, l’astic pour eux étant une épée, et l’épée piquant.

Astiquer (S’). Se masturber, soit seul, soit à deux.

		Deux gendarmes, un beau dimanche,
		S’astiquaient le long d’un sentier;
		L’un branlait une pine blanche
		Et l’autre un vit de cordelier.

    (Parnasse satyrique XIX


 siècle.)
Astiquer la baguette. Branler un homme, – le ventre de la femme servant de tambour à cette baguette-là, que nous savons tous manier aussi bien que les tapins de profession.



Celle-ci, d’un tambour astiquait la baguette.

    Louis Protat.

Atelier. La nature de la femme, – où se fabrique l’Humanité.



Quand on entre à l’atelier, il faut avoir son outil en bon état afin de besogner convenablement, et toi, tu ne bandes seulement pas!

    A. Manvoy.

		Quoi, c’est là tout le stratagème?
		Dit un valet, voyant le drôle à l’atelier.

    Piron.
Attraper quelque chose. Gagner la chaude-pisse ou la vérole dans un coït malsain, avec une coureuse ou avec une honnête femme.



Que ces drôlesses-là sont souvent de bons greniers à chaudes-pisses! ce qu’on appelle de véritables attrape-michés.

    Comte de Caylus.



Si j’attrape quéque chose, au moins j’ l’aurai pas volé.

    Lemercier de Neuville.

Aumône amoureuse. L’acte vénérien, – la femme étant censée donner et l’homme recevoir, quoique, en réalité, l’un donne autant que l’autre.



Belle dame, faites-moi l’aumône amoureuse, je vous en supplie, je bande trop! – J’en suis fâchée, mon cher, mais j’ai mes pauvres.

    Seigneurgens.

Autel. La nature de la femme, où nous venons, prêtres fervents, officier chaque jour, culotte bas et pine en main.

		Et dévotement sur l’autel,
		Je pose mes lèvres tremblantes:
		De ma langue, en flammes ardentes,
		S’élancent…

    A. François.
		A l’autel de la volupté
		Soudain s’approche une inconnue
		Du morpion silencieux.

    B. de Maurice.


Si tous les autels de Venus étaient aussi dégoûtants.

    (Les Maris à la mode.)

Autel de plume (L’). Le lit, sur lequel l’homme et la femme officient avec une ferveur dont le Dieu – de Lampsaque – doit être content.

		Avez-vous pu l’en croire à son serment?
		Ceux que l’on fait sur un autel de plume
		Sont aussitôt emportés par le vent.

    Collé.
Auvergnate. Qui appartient au troisième sexe – puisqu’elle n’est pas homme et ne veut pas être femme.



Consommateurs des deux sexes, hommes et femmes, pas d’Auvergnats, tout au plus quelques Auvergnates très élégantes, fleurs du mal qui se respirent entre elles.

    Alfred Delvau.

Avaler la pilule. Avaler le sperme qui s’échappe du membre de l’homme que l’on suce.

Avaler le poisson sans sauce. Être baisée par un homme qui ne décharge point, ou que l’on empêche de décharger.

		Ah! combien l’apparence est fausse!
		Au chaponneau point de cresson,
		Et mon amphitryon sans sauce
		Me fit avaler le poisson.

    Marcillac.
Avaler les enfants des autres. Gamahucher (V. ce mot) une femme qui vient d’être baisée par un autre homme et qui n’a pas eu le temps de se laver.



Au lavabo, tout de suite! je ne tiens pas à avaler les enfants des autres.

    J. Le Vallois.

Avances. Privautés que laisse prendre à un homme, et que parfois même prend, avec lui, la femme à qui le cul démange.



J’ai un caprice, il ne sait le deviner; je le lui explique aux trois quarts; il ne comprend rien, et mon butor me quitte après mes avances humiliantes.

    A. de Nerciat.

		Un monsieur qu’était dans l’aisance,
		Désirant lui faire quelqu’avance,
		S’approch’ d’elle une bourse en main.

    Perchelot.
Avantages. Gorge plantureuse, poitrine à la mode de Caen.



C’est trop petit ici: la société y sera comme les avantages de madame dans son corset.

    Auguste Villemot.

Avant-scène. La gorge des femmes, parce qu’elle avance plus que le reste du corps en dehors de la perpendiculaire, et que c’est la première chose que l’on remarque.



Ce ne sont pas les avant-scène qui lui manquent, mâtin!

    Barthet.

Avec (L’). La nature de la femme, avec laquelle (cum, con) l’homme jouit quand il a répudié la veuve Poignet.



Allons, cher ange, montre-moi ton avec, je te montrerai le mien et nous les marierons ensemble.

    A. François.

Aventures (Avoir eu des). Avoir eu des amants si l’on est femme, ou des maîtresses si l’on est homme.



Cette femme avait eu déjà bien des aventures.

    Champfleury.

		Il vint, et les tendres ébats
		Agitant draps et couverture,
		Le psautier descendant plus bas,
		Se trouve au fort de l’aventure.

    Piron.
Aventurière. Gil-Blas femelle, fille ou femme qui a eu une foultritude d’aventures amoureuses – ou plutôt galantes.

Avitaillé. Mot grossier hors d’usage signifiant un homme pourvu de membre viril.



Duvigny était bien avitaillé et grand abasteur de bois.

    Tallemant des Réaux.

Avoir. Avoir eu, foutre ou avoir foutu avec une femme ou une fille que l’on désirait.



Eh bien! ma mie, tu vois comme je t’aime, je laisse ma prébende pour t’avoir.

    (Moyen de parvenir.)



Fais donc que j’aie cette fille, et je te rendrai riche.

    P. de Larivey.

Avoir à sa bonne. Avoir de l’amour pour…

		Surtout, p’tit cochon,
		N’ fais pas l’ paillasson:
		Je sais qu’ t’as Clarisse à la bonne;
		Mais dis-lui d’ ma part
		Qu’ell’ craign’ le pétard…

    A. Dumoulin.
Avoir commerce. Faire l’acte vénérien.

		Jean, tu m’accusais l’autre jour
		D’avoir dit à certaine dame
		Qu’Anne, avant que d’être ta femme,
		Avait eu commerce d’amour.

    La Monnoye.


A-t-elle eu commerce avec le chevalier de Lorraine? qu’on la brûle.

    (La France galante.)

Avoir compagnie d’homme. Faire l’amour avec un homme.

		A moins enfin qu’elle n’ait à souhait
		Compagnie d’homme.

    La Fontaine.
Avoir de l’agrément. Jouir avec une femme, soit en la baisant, soit en se faisant branler par elle.



Tu vas avoir de l’agrément, mon chéri, je t’en réponds!

    Lemercier de Neuville.

Avoir des bontés. Employé dans un sens obscène pour accorder ses faveurs à un homme.



Tu as eu des bontés pour lui, ça prouve ton bon cœur.

    Voisenon.



Une femme sensible se décide difficilement à laisser pendre un homme pour qui elle a eu des bontés.

    Pigault-Lebrun.



Ayez des bontés pour moi, et mademoiselle Hortense est mariée.

    H. de Balzac.

Avoir des sens. Être ardent en amour; jouir sous l’homme quand on est femme, jouir avec la femme lorsqu’on est homme.

		Et d’ailleurs, Marotte a des sens
		Récompensants
		Les insolents
		Qui montrent des talents.

    Collé.
Avoir du chien. Se dit d’une femme qui a des grâces provoquantes, qui ne baise pas comme la première venue.



Il faut être sincère, même avec des drôlesses de cette espèce: Julia a du chien, beaucoup de chien.

    Lynol.

Avoir du mal. Baiser beaucoup, – dans l’argot des filles de bordel.



Ce qu’ nous avons d’ bon ici, c’est d’êt’ ben nourries. Si on a du mal, on n’ meurt pas d’ faim, comme dans des maisons où j’ai été.

    Henry Monnier.

Avoir encore (L’). Sous entendu: Son pucelage.



Ça me rappellera… le temps où je l’avais encore.

    Lemercier de Neuville.

Avoir eu quelque chose avec une femme. Avoir couché avec elle, une ou plusieurs fois; avoir été son amant.



Tu me feras peut-être accroire que tu n’as rien eu avec Henriette?

    Gavarni.

Avoir la courte haleine. Être petit baiseur, se contenter de tirer un coup ou deux et dormir après.

		Vous avez la courte haleine;
		Parler d’amour une fois,
		C’est me donner la migraine.

    Collé.
Avoir la main occupée. Se branler d’une main en lisant de l’autre un roman libertin; ou pincer le cul à sa voisine en trinquant avec son voisin.

		Souvent entre deux draps
		Rêvant à ses appas,
		Et d’une voix entrecoupée,
		Je me dis, la main occupée,
		Ah! comme on tirait
		Chez ell’ du vin clairet!

    E. de Pradel.
Avoir la queue verte. Être frais et dispos pour le combat amoureux, être vaillant au lit.

Avoir la vache et le veau. Épouser une fille enceinte des œuvres d’un autre.

Avoir l’eau à la bouche. Avoir appétit de femme lorsqu’on est un homme, ou d’homme lorsqu’on est femme, soit en voyant baiser les autres, soit en lisant des livres de fouterie.

Avoir les talons courts. Se laisser volontiers renverser sur le dos par un homme; bander facilement pour les porte-queue.



Elle a les talons si courts, qu’il ne faut la pousser guère fort pour la faire cheoir.

    (Les Caquets de l’accouchée.)

Avoir le ventre plein. Être enceinte.



Je crois, ma chère, que j’ai le ventre plein: cet imbécile d’Hippolyte n’aura pas mouché la chandelle.

    E. Jullien.

Avoir mal aux cuisses. Façon chaste de dire qu’on a beaucoup besogné avec sa voisine, ou avec toute autre femme, car c’est surtout à cet endroit du corps que se fait sentir la fatigue vénérienne. – On dit aussi, dans le même sens: avoir les cuisses coupées, ou encore, avoir les jambes brisées.

Avoir perdu sa fleur. Se dit d’une jeune fille qui a eu un fruit.

Avoir quelque chose avec une femme ou avec un homme. Être son amant ou sa maîtresse; ou s’être donné rendez-vous pour coucher ensemble.

Avoir quelqu’un. Avoir un entreteneur, un miché, quand on est fille; avoir une maîtresse, être le maquereau d’une fille, quand on est homme – sans préjugés.



J’ai pas d’amant… veux-tu me l’êt’?.. – Non. – T’as quéqu’un!.. – Oui?.. – N’en parlons plus.

    Henry Monnier.



Voilà ce qu’une femme qui se sent poursuivie devrait se dire à elle-même, à tous les moments du jour: Un tel me suit, il me cherche, je le trouve partout; donc il veut m’avoir et me mettre sur sa liste.

    La Popelinière.

		Une duchesse à l’œil noir
		L’an passé voulut m’avoir.

    Béranger.
Avoir rôti le balai. Avoir eu de nombreux amants, savoir ce que la pine en vaut l’aune, avoir fait une vie de chienne, – par allusion aux sorcières qui chevauchaient le balai pour aller au sabbat et qui le rôtissaient à la chaleur de leur cul.



C’est une fille qui a rôti le balai.




    Lemercier.

Avoir sept pouces moins la tête (En). Posséder un membre d’une longueur plus qu’estimable, et bien fait pour plaire aux femmes, – le sexe le plus goulu.

		… La belle Urinette
		Au corps content, mais pas de peu,
		Car il lui faut sept pouces, moins la tête,
		Pour qu’elle ait un beau jeu.

    Lemercier de Neuville.
Avoir son plaisir. Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien:

		Et sachez bien que je mourusse
		Si mon plaisir de lui n’eusse

    (Anciens Fabliaux.)
		Mais Marguerite eut de moi son plaisir.

    Maroy.


Polyxène, sans être vue de personne, tira le prêtre en sa maison pour en avoir son plaisir.

    P. de Larivey.

Avoir toujours l’anneau ou la bague au doigt. Passer sa vie à branler les femmes, le con étant pris pour un anneau – depuis celui de la femme d’Hans Carvel.

Avoir un arlequin dans la soupente. C’est-à-dire, dans le ventre. Être enceinte d’on ne sait qui, – de plusieurs amants, – de toutes les couleurs.

Avoir un bon doigté. Savoir peloter habilement les couilles d’un homme; faire à merveille la patte d’araignée.

Avoir un cheveu. Avoir un caprice pour une femme, ou pour un homme.



Elle a un cheveu pour lui.

    Charles Monselet.

Avoir une crane giberne. Se dit d’une femme qui a de belles fesses, une Parisienne callipyge, – naturellement ou artificiellement.



Elle a une crâne giberne, ton adorée, faut lui rendre justice: tout est-il à elle, dis?

    Charles Monselet.

Avoir un fruit. Se dit d’une jeune fille qui s’est laissé séduire et qui a lieu de s’en repentir – neuf mois après.

Avoir un polichinelle dans le tiroir. Se dit d’une femme enceinte.

Avoir vu le loup. Se dit d’une fille qui n’est plus vierge, qui connaît depuis plus ou moins de temps les mystères du pantalon de l’homme – d’où elle a vu sortir, la tête en feu, le poil hérissé, son braquemard enragé.



Toujours est-il que le loup, qui rôdait par là depuis quelque temps, sous la blouse bleue et le pantalon de velours épinglé d’un grand gars de notre village, sortit sournoisement du bois des châtaigniers, se montra tout à coup à l’ombre de la haie d’aubépines, et – qu’elle vit le loup.

    Alfred Delvau.

Aze (L’) te foute. Vieux dicton qui signifie: Va te faire foutre – par un âne.

		Ainsi les dieux ont esleu
		Tels oiseaux qui leur ont pleu.
		Priape, qui ne voit goutte,
		Haussant son rouge museau,
		A taston, pour son oiseau
		Print un aze qui vous foute.

    Motin.
		Lors, dit Catin: N’entends-tu pas?
		Quoi? répond l’autre. – L’aze, écoute…
		– Si l’aze pète: dit Colas,
		Parsanguié! que l’aze te foute!

    Piron.



B


Babines (Les). Les grandes lèvres de la nature de la femme.



Les deux babines un peu retroussées et colorées d’un rouge attrayant qui passe un peu au dehors entre les cuisses.

    Mililot.

Badigeonner une femme. La baiser, – en employant le blaireau et la peinture à la colle que l’on sait.



Je veux qu’on me paye, moi! je veux qu’on me badigeonne, moi! et que l’on me donne des gants.

    Lemercier de Neuville.

Badinage (que l’on peut prononcer à l’allemande: patinage.) Ce n’est pas autre chose que la préface de la fouterie elle-même:



Cessez ce badinage, Henri, ou je sonne pour appeler mes gens, et vous faire jeter à la porte.

    Ponson.



Rions, plaisantons, badinons, mais n’allons pas plus loin.

    Henri Monnier.



On fut obligé de la marier plus tôt qu’on ne pensait, parce qu’en badinant avec son accordé, elle devint grosse.

    Tallemant des Réaux.

		Nanon surtout, et c’était grand dommage,
		N’avait encor tâté du badinage.

    Grécourt.
		Il se servit de l’heure du berger,
		Et commençait l’amoureux badinage.

    La Fontaine.
		De notre amoureux badinage
		Ne gardez pas le témoignage,
		Vous me feriez trop de jaloux.

    Parny.
Bagasse. Vieux mot pour désigner une putain:



…La plus grande bagasse de la ville.

    Brantôme.



O Dieu! que l’homme est malheureux qui épouse de telles chiennes et bagasses.

    Tournebu.

Bagatelle (La). Le plaisir vénérien, la plus sérieuse des occupations de l’espèce humaine. – L’expression appartient à l’argot des filles qui, elles, n’attachent aucune importance à l’amour.

		Si j’effleure, dit-elle,
		L’asphalte du trottoir,
		C’est pour la bagatelle:
		Entrez dans mon boudoir.

    A. Montémont.
Bague. On se sert quelquefois de ce mot pour désigner les parties naturelles de la femme.

		Il s’en alla chercher une place éloignée
		Pour enfiler la bague et rembourrer le bas
		De celle qu’il avait choisie pour ses ébats.

    Théophile.
		Carvel, j’ai pitié de ton cas.
		Tiens cette bague et ne la lâches;
		Car tandis qu’au doigt tu l’auras,
		Ce que tu crains point ne sera.

    La Fontaine.


… Du chevalier s’est accusée, qui, comme l’autre, l’avait bien baguée.

    (Les Cent Nouvelles nouvelles.)

Baguette. Le membre viril, avec lequel on mène les femmes qui ne sont pas sages en frappant sur leur ventre comme sur un tambour.

		Dans un coin ell’ tient les baguettes
		Des deux tambours du régiment

    Béranger.
Bahut. La nature de la femme, dans laquelle l’homme serre – pour un instant – sa pine, comme chose précieuse.

		Dans son bahut je flottais bien au large.

    (Chanson anonyme moderne.)
Bahuter la pine (Se). Masturber, ou bander fortement.

		Car nos coursiers, par l’odeur excités,
		Au grand galop se bahutaient la pine
		Et tour à tour inondaient les pavés.

    Anonyme.
Baiser. Verbe excessivement actif, que l’humanité passe son temps à conjuguer depuis le premier jour du monde, et qu’Adam et Ève savaient dans tous ses modes avant les conseils libertins du serpent. C’est le to leacher des Anglais, le far l’atto venereo des Italiens et le basiare des latins. – Quant à son étymologie, elle est d’une clarté éblouissante même pour un aveugle. Agnès la devinerait. Baiser, verbe, vient de Baiser, substantif, car la conjonction d’en haut précède toujours la conjonction d’en bas, et il est impossible à une femme dont les petites lèvres ont été touchées par une bouche, de ne pas laisser toucher ses grandes lèvres par une pine. De ceci vient cela, dirait Hugo.

		…Et l’homme marié
		Baise tout simplement, quand il peut, sa moitié.

    Protat.
		…Le galant, en effet,
		Crut que par là baiserait la commère.

    La Fontaine.
		Parbleu, qu’un autre la baise.
		J’aime mieux baiser mes sœurs.

    Collé.
		Chaud de boisson, certain docteur en droit,
		Voulant un jour baiser sa chambrière,
		Fourbit très bien d’abord le bon endroit.

    Piron.
Baiser à blanc. Se branler, – ce qui est une façon de baiser sans femme, quand on est homme, sans homme quand on est femme.

Baiser à la florentine. Se dit de deux amants qui, en se donnant l’un à l’autre des baisers sur la bouche, se lancent tour à tour de petits coups de langue, pour s’émoustiller mutuellement et jouir en avancement d’hoirie.

Baiser à la papa. Bourgeoisement, patriarcalement, comme M. Joseph Prudhomme baise madame Prudhomme, elle sur le dos, et lui sur elle.

Baiser à l’œil. Ne rien payer pour jouir d’une femme galante, comme font les greluchons.

		Quand on est jeune on doit baiser à l’œil;
		A soixante ans la chose est chère et rare;
		Aux pauvres vieux l’amour devient avare.

    (Chanson d’étudiants.)
Baiser à vit sec. Ne pas décharger dans la matrice de la femme, qui, à cause des enfants ou seulement par goût particulier, préfère manger le poisson sans la sauce.

		Ainsi, femme qui dit que le vit sec est bon
		Voudrait ôter la sauce et le sel au jambon,
		Ce qu’il est de plus doux en toute la nature
		Et qui donne la vie à toute créature.

    Mililot.
Baiser en épicier. Faire l’amour purement et simplement, comme un devoir, comme une presque corvée, – et non pas en levrette, non pas à la paresseuse, non pas de cette façon ou de cette autre, inventée par les savants et surtout par les savantes, mais à la mode patriarcale: la femme dessous et l’homme dessus.

		Quel moyen puis-je employer
		Pour plaire à mon Antoinette?
		Je la baise en épicier…
		Le bougre lui fait minette.

    Gustave Nadaud.
Baiser en pigeon. Faire une langue, comme fut baisée – d’abord – la Vierge Marie.



Elle me baisa en pigeonne, la langue en bouche.

    Brantôme.

Baiser ou Foutre à couillons rabattus, ou comme un dieu. Avec énergie, sans songer au mari que l’on cocufie ni aux enfants que l’on procrée, – comme tous les hommes voudraient bien pouvoir foutre, et comme toutes les femmes voudraient bien être foutues.



Et maintenant, gonzesse, que je t’ai foutue à couillons rabattus, comme tu n’es pas foutue d’être foutue jamais de ta garce de vie…

    Lemercier de Neuville.

		Les hommes, lorsqu’ils ont foutu
		A double couillon rabattu,
		Se lavent dans une terrine.

    Dumoulin-Darcy.


Madame Durut, sentant les approches du suprême bonheur, se livre au transport, et s’agitant à l’avenant, s’écrie: Foutre! c’est trop de plaisir! il fout comme un Dieu!

    A. de Nerciat.

Baiser ou Foutre à la dragonne ou en maçon. Jouir d’une femme immédiatement, monter sur elle brutalement, sans préliminaires d’aucune sorte, ni caresses, ni langues, ni pelotage.

Baiser ou Foutre à la paresseuse. Se placer derrière une femme que l’on veut baiser, couché sur le côté comme elle, entrecroiser mutuellement les cuisses, insinuer doucement l’outil dans le trou qui l’attend, et besogner sans effort.

		Celui dont la pine est mollasse, filandreuse,
		Et lente à décharger, fout à la paresseuse.

    Louis Protat.
Baiser ou Foutre en aisselle. Tirer un coup dans le pli formé par le dessous du bras et de l’épaule.

		En aisselle, en tétons, le Turc met son braqmard.

    Louis Protat.
Baiser ou Foutre en cygne. Baiser une femme à la façon de Jupiter Léda, à genoux et ses jambes sur les épaules.

Baiser ou Foutre en levrette. Baiser une femme in more– du prince de Canino.

		En levrette est encore un moyen fort joli
		Quand on a sous son ventre un cul ferme et poli.

    Louis Protat.
Baiser ou Foutre en tétons. Décharger dans cette petite vallée formée par les deux tétons et qu’on peut rendre aussi étroite qu’on veut en les rapprochant avec les mains.

Baiser sur le pouce. Tirer un coup précipitamment, là où l’on se trouve, sur une chaise, sur un meuble, sur une botte de paille, etc.



Je t’ai baisée sur le pouce, ça ne compte pas: nous recommencerons sur le lit, quand ton mari sera à son bureau.

    Seigneurgens.

Baiseur, baiseuse. Synonyme presque décent de Fouteur, fouteuse.

		Je ne suis rien qu’un ivrogne,
		Quoiqu’on m’estime baiseur.

    (Parnasse des Muses.)
		Point d’éloges incomplets,
		S’écriera cette brunette,
		A moins de douze couplets,
		Au diable une chansonnette!
		Quoi! douze, ou rien? dit un sot.
		Oui, c’est l’humeur de Margot
		Nous t’en promettons treize:
		Viens, Margot, viens qu’on te baise.

    Béranger.
Baladeuse. Fille de mauvaise vie, – par allusion à la boutique roulante des marchandes des quatre saisons.



Elle t’a trahi sans te trahir. C’est une baladeuse, et voilà tout.

    Gérard de Nerval.

Balance de boucher. Fille publique, – parce qu’elle pèse toutes sortes de viandes, des quéquettes de jouvenceaux, des courtes de maçons, des pines d’Auvergnats et des vits de maquereaux.

Balancer le chinois (Se). Jouer avec son membre pour jouir, le faire dodeliner de la tête, comme un poussah, jusqu’à ce que, l’érection arrivant, il se tienne roide comme la justice et pleure silencieusement toutes les larmes de son œil unique.

Balancer sa largue. Se débarrasser de sa maîtresse, – dans l’argot des filles et des maquereaux.

Balancer une femme. La renvoyer comme Abraham Agar, soit parce qu’elle devient gênante, soit parce qu’elle est trop libertine.



Elle m’a traité de mufle. – Alors, il faut la balancer.

    Charles Monselet.

Balancer un homme. Le quitter, soit parce qu’il ne vous donne pas assez d’argent, soit parce qu’il vous ennuie.

		Toujours d’avance exigeras
		Qu’il fasse tinter son argent;
		Sinon tu le balanceras…
		On ne vit pas de l’air du temps

    (Parnasse satyrique.)
Balançoires. Simagrées que fait une fille qui ne veut pas être baisée, mais qui veut bien être payée; promesses de jouissances qu’elle fait au miché racolé par elle.

		Car je connais ces balançoires,
		Je suis roublard,
		Et j’ pourrais écrir’ les mémoires
		Du lupanar.

    Lemercier de Neuville.
Balayer ses enfants. Enlever avec un balai ou avec un torchon les gouttes de sperme qu’on a laissées tomber sur le parquet en se branlant ou en baisant une femme sur une chaise.

Balcon (Faire le). Moyen ingénieux employé par les filles pour faire savoir à leurs abonnés qu’elles sont visibles: – il leur suffit de mettre au balcon une chaise sur laquelle sera déposée une chemise ou une jupe commencée… puis de retirer le tout quand le client est entré.



Je vous dis que vous faites la fenêtre; on vous a vue au balcon.

– Ah! M. le commissaire, comme on vous a trompé: je ne vais jamais à ce bal là.

    J. Ch.

Balles. Les testicules, à cause de leur forme: c’est avec eux qu’on fusille les femmes – à bout portant.

Ballon (Avoir du). Se dit d’une femme qui a des fesses énormes, naturelles ou artificielles, comme en ont aujourd’hui, grâce à la crinoline, les Parisiennes, élégantes Vénus hottentotes.

Balloches. Les testicules. – Ce mot vient, soit du verbe

ballocher– qui, en argot, veut dire tripoter– soit du fruit du Bélocier, qui portait autrefois le même nom, ou à peu près le même nom, et qui présente en effet une certaine analogie avec la forme des couilles.



Un médisant dit que l’abbé auquel elle vouloit boire, – qui, à la vérité, avait en ses jeunes ans perdu ses deux témoins instrumentaires… en descendant d’un bellocier, c’est un prunier sauvage, – s’appelait monsieur de Non Sunt.

    (Contes d’Eutrapel.)

Ballottes (Les). Les testicules, petites balles avec lesquelles les femmes aiment à jouer et à jouir; quelquefois les tétons des femmes ou le maniement de cul, tétons, etc.



Elle lui met la main sur les ballottes qu’il a au-dessous de cet engin et les soulève mignardement en les passant et repassant doucement entre les doigts.

    Mililot.



Les deux tétons, jolies ballottes du plaisir.

    (Moyen de parvenir.)



Ils virent en leur présence ballotter leurs femmes sans y pouvoir apporter aucun remède.

    (Les Caquets de l’accouchée.)

Bander. Être en érection, avoir envie de baiser une femme lorsqu’on est homme, ou un homme lorsqu’on est pédéraste. C’est l’arrigere (relever, hausser, dresser) des Latins.

		Qu’on le passe aux verges,
		Dit Vénus à part;
		Qu’il soit de ma bande
		Banni sans retour:
		Jamais il ne bande.

    (Les Archers de l’Amour.)


Y bande encore… est-y gentil!

    Henry Monnier.

		Tout vis-à-vis,
		Je rends des vits
		Toujours bandants.

    Collé.
– On a étendu la signification de ce mot, purement vénérienne, et on s’en sert maintenant au propre et au figuré: au propre, comme il vient d’être dit; au figuré, pour indiquer la violente envie qu’on a d’une chose.

Ainsi Mirabeau, voulant peindre la pusillanimité du duc d’Orléans, qui voulait et n’osait pas être criminel, dit: «Ce d’Orléans est un Jean-Foutre qui toujours bande le crime et n’ose le décharger. Ignavum equidem fateor qui continuo erigit scelus et nunquam ejaculari ausus est.»

Bander (Faire). Provoquer l’érection de l’homme par des discours libertins ou par des attouchements autour des parties sexuelles.

		L’air est plein d’odeurs spermatiques
		Qui font bander les plus usés,
		Et font sortir de leurs boutiques
		Les bourgeois les plus empesés.

    (Parnasse satyrique.)
Bande-à-l’aise. Homme qui n’est que médiocrement porté par son tempérament vers les choses de la fouterie, et qui bande plus volontiers avec son cerveau qu’avec son membre – comme la plupart des écrivains.

		Qu’on me baise,
		Mon con, Nicaise,
		Se présente à toi…;
		Viens, bande-à-l’aise,
		Vite, mets-le-moi.

    Piron.
		Monsieur dit des bons mots souvent,
		Mais monsieur bande rarement;
		Monsieur a de l’esprit: j’en suis
		Bien aise, bien aise,
		Mais comme la peste, je fuis
		Un bande-à-l’aise!

    Collé.
Bander comme un carme. Bander très fort, comme savaient bander jadis les carmes, chaux ou déchaux, – chauds surtout, – grâce à la continence qu’ils étaient forcés d’observer.

Bander de la gorge. Se dit d’une femme dont les seins se durcissent et se dressent sous l’impression du désir ou du plaisir.

Bander son arc. Bander, – le membre viril étant pris pour flèche et la nature de la femme pour cible.

		Alors, bandant mon arc sous un autre balcon,
		Je ne daignerai plus, vers le but de ton con,
		Lancer la flèche de ma pine.

    Emmanuel des Essarts.
Bandocher. Avoir des velléités d’érection; n’être pas en train; bander faiblement, difficilement.



… Elle recréait son impotente lubricité en lui chatouillant le scrotum et les testicules, ce qui le faisait bandocher.

    (Anti-Justine, p. 123.)

Baquet. La nature de la femme dans laquelle l’homme décharge ses ordures liquides:



… Dans le baquet desquelles il eût volontiers lavé son vit.

    (Contes de la reine de Navarre.)

Baratter. Baiser une femme, parce que, dans l’action amoureuse, la pine de l’homme, en allant et en venant dans le con de la femme, où il a déjà déchargé, a l’air de battre du lait dans une baratte et de faire du beurre. Ce n’est pas du beurre qu’il fait, en barattant ainsi, c’est du fromage.

Barbe de la femme (La). Les poils de sa motte, – qu’elle se garde bien de couper et encore moins d’épiler, à l’exemple des femmes d’Orient:

		Sur ta laine annelée et fine
		Que l’art toujours voulut raser;
		O douce barbe féminine!
		Reçois mon vers comme un baiser.

    Th. Gautier.
Barbeau. Souteneur de filles; membre de la grande famille des maquereaux – qui n’a rien de commun, que le nom, avec la grande famille des scombéroïdes.

		Pègr’ et barbeaux, aboulez au Sauvage,
		Et sans traquer livrez-vous au plaisir;
		On aurait tort de vouloir être sage,
		Puisqu’après tout, on sait qu’il faut roidir.

    A. Dumoulin.
Barbillon. Souteneur de filles; homme qui vend sa protection aux putains. – Du moment qu’il a été convenu qu’on appellerait ces drôles-là maquereaux, comme le maquereau est un poisson, on les a appelés aussi d’autres noms de poissons: on les a même appelés poissons purement et simplement.

		Quoi! pour aller danser, ma chère,
		Tu abandonnes le persil,
		Et de ton barbillon de père,
		Tu ne conserves aucun souci.

    A. Dumoulin.
Bardache. Pédéraste actif ou passif, au choix – des autres.



C’est là un cul de châtré ou de bardache, si jamais il y en a eu.

    La Popelinière.

		Le capitan était bardache.
		Godefroy, seigneur de Bouillon,
		L’encula dans une patache.

    B. de Maurice.
Bas (Le). La nature de la femme, à cause de sa situation.



Gargamelle commença à se porter mal du bas.

    Rabelais.



Elle s’accointa de l’un des clercs, lequel par aventure lui mettait l’intelligence de ces mots en la tête par le bas.

    Bonaventure Desperriers.

Bassin. La nature de la femme, dans laquelle le membre viril nage trop souvent.



J’eusse voulu toujours fouiller dans votre bassin.

    Tabarin.

Bataille. Sous-entendu amoureuse. L’acte vénérien, d’où nous sortons lassés, mais non rassasiés; vaincus faute de munitions, mais non dégoûtés. – On dit aussi: Jouer à la bataille.



La lance au poing il lui présente la bataille.

    (Les Cent Nouvelles nouvelles.)

		Lors s’écrie en riant: Je vois en ce réduit
		Un lit,
		Qui servira toute la nuit
		De champ à sanglante bataille.

    La Fontaine.
Bataille de jésuites, cinq contre un (Faire la). Se masturber, les jésuites ayant inventé le plaisir solitaire – après Onan.

Bâter l’âne. Faire l’acte vénérien. – L’expression date probablement du conte de La Fontaine, le Bât, – imité de Béroalde de Verville.

Bâti. Membré convenablement: se dit en parlant d’un homme qui a tout ce qu’il faut pour faire jouir une femme.

		La résistance est nulle, ou très légère;
		Tu vois pourtant comme je suis bâti.

    Parny.
Bâton. Le membre viril, à cause de ses fréquentes érections qui lui donnent la dureté du bois – dont on fait les cocus. Les femmes s’appuient si fort dessus qu’elles finissent par le casser.

		Vous connaissez, j’en suis certaine,
		Derrière un petit bois touffu,
		Dans le département de l’Aisne,
		Le village de Confoutu.
		Par suite d’un ancien usage
		Qui remonte au premier humain,
		Tout homme y fait pèlerinage,
		La gourde et le bâton en main.

    Eugène Vachette.
Bâton (Faire). Bander.



Le temps… où la première guenon venue qui me mettait la main dessus me f’sait faire bâton pendant quinze jours.

    Lemercier de Neuville.

		J’crois ben qu’ la seul’ médecine
		Qui pourrait m’ guérir tout d’ bon
		Et m’empêcher d’fair’ bâton,
		Ce s’rait d’ fair’ sombrer ma pine,
		Capitain’, dans un pied d’ con.

    G. de la Landelle.
Bâton à un bout. Le membre viril, – le seul bâton qui n’ait qu’un bout, en effet.



C’est le bâton à un bout qui me pend entre les jambes.

    Rabelais.

Bâton de sucre de pomme (Le). Le membre viril, – à cause de sa forme, de sa longueur et du goût sucré qu’il a en fondant de plaisir dans la bouche de la femme qui le suce.

		Fillettes, qui mourez d’ennui
		Et languissez dans la retraite,
		Pour mieux dormir toute la nuit,
		Il faut employer ma recette:
		Si vous désirez un amant,
		Si tout bas votre cœur le nomme,
		A vos maux il faut un calmant…
		Prenez bien vite, mon enfant,
		Un bâton de sucre de pomme.

    Dumoulin-Darcy.
Bâton Pastoral. Le membre viril, – avec lequel nous conduisons des troupeaux de femmes au bonheur.



Le simple maniement volontaire d’une main blanche et délicate qui se promène autour de leur bâton pastoral, est suffisant pour leur expliquer tous les mouvements du cœur de leur dame.

    Mililot.



Il lui montre son bâton pastoral tout rougeâtre et enflé.

    Noel du Fail.

Battre le beurre. Introduire son engin dans un vagin un peu gras et l’y agiter avec énergie comme dans une baratte.

		D’un moule à merde il fait un moule à pine
		Et bat le beurre au milieu d’un étron.

    (Parnasse satyrique XIX


 siècle.)
Battre sa flème. Courir le guilledou, aller dans les quartiers où la femme donne le plus.



Eh bien! puisque je suis en train de battre ma flème, je vais connaître cette maison.

    Lemercier de Neuville.

Battre son quart. Se dit des filles de bordel, qui descendent à tour de rôle, pendant un quart d’heure ou une demi-heure, sur le trottoir, où elles raccrochent les passants.



Dorante, en se promenant devant la maison au grand numéro, croise Sylvia, qui bat son quart.

    Lemercier de Neuville.

Battre un ban au miché. Le préparer à la jouissance suprême par des attouchements habiles et souvent répétés.

		Je sais attacher un ruban
		Selon la grosseur d’une pine;
		Au miché je sais battre un ban,
		Je sais tortiller de l’échine.

    (Parnasse satyrique.)
Baude (La). La vérole, – dans l’argot des voleurs, qui se rapproche plus qu’on ne croit du vieux langage, puisqu’on trouve dans Eutrapel: «Je cuidai avoir le baut, c’est-à-dire avoir gagné le mal padouan.» —Baude ne serait-il pas une syncope de ribaude?

Baudruche. Pellicule de boyau de mouton, que l’on neutralise pour en faire des choses très utiles: – des capotes anglaises.



    V. Millan.

Baume de vie (ou de vit). La semence de l’homme, – que donne le vit et qui donne la vie.



C’était pour me procurer mille morts délicieuses, qu’il ménageait avec art ce baume précieux qui donne la vie.

    (Félicia.)

Bazar. Bordel, – qui est en effet un endroit où l’on expose la femme comme marchandise.



Je suis la patronne de ce bazar, la mère de dix-huit petites dames.

    Lemercier de Neuville.

Beau corps (Elle a un). Se dit de toute femme laide de visage, quand on veut s’excuser d’avoir couché avec elle une fois ou d’y coucher tous les jours.

Beauté vénale. Femme qui fait métier et marchandise de ce qu’elle devrait donner pour rien, – l’homme, après tout, ne faisant pas payer les services de sa pine, qui valent bien ceux du con.

		O vous, vénales beautés
		A l’humeur aventurière,
		Vainement vous présentez
		Le devant ou le derrière
		A l’abbé
		La Bédollière,
		L’abbé
		Qui sera flambé.

    Emile de la Bédollière.
Beautés occidentales. Les fesses d’une femme, dont les tétons sont les beautés orientales.

Beautés postérieures. Les fesses.



Le grand camarade, tourmenté de ses désirs, se mettait préalablement au fait des beautés postérieures de la soubrette… et cherchait à s’établir en levrette, mais de petits coups de cul le dénichaient comme sans dessein.

    (Mon noviciat.)

Bébé. Nom d’amitié que les filles donnent depuis quelques années aux hommes avec qui elles baisent, – maquereaux ou michés.



Théodore, c’est mon bébé; M. Martin, c’est mon monsieur.

    Lemercier de Neuville.

		Un mot dont on nous favorise,
		Mot aux nourrices dérobé,
		C’est, aurait-on la barbe grise:
		– Comment ça va? Bonjour, bébé.

    Fr. de Courcy.
Bécot (Donner un). Baiser la tête d’un vit comme on baise le bec d’une clarinette. Cette aimable action ne faisant aucun bruit, on peut aller longtemps: d’abord moderato, puis allegretto, vivace… chaque pause vaut un soupir.

		Et quand je lui donne un bécot,
		Comme il lève la tête,
		Jacquot!

    Al. Dalès.
Bécotter. Donner des bécots.

		Petit bossu
		Noir et tortu,
		Qui me bécottes
		Et fripes mes cottes;
		Petit bossu, noir et tortu,
		De me baiser, finiras-tu?

    Béranger.
Béguin (Avoir un). Avoir envie de coucher avec un homme lorsqu’on est femme, avec une femme lorsqu’on est homme.



Ah! je ne sais pas quand il se passera, mais j’ai un fier béguin pour toi, va!

    Lemercier de Neuville.

Beliner. Faire l’acte vénérien, l’acte bestial par excellence, —belluinus.

Belle en cuisses. Galanterie que les gens du peuple adressent volontiers à une femme – dont ils n’ont pas encore relevé la robe.



J’ prendrais bien quéque chose, moi… Et toi, la belle en cuisses?

    Lemercier de Neuville.

Belle enfant. Nom que l’on donne à une jolie fille, tant qu’elle est en âge de faire l’enfant, ou de faire un enfant.


Ma belle enfant!



Cette expression se trouve dans tous les drames possibles et impossibles, depuis la Pie voleuse, jusqu’à la Grâce de Dieu, etc., etc. Dans cette dernière pièce, elle s’adresse à mademoiselle Clarisse Miroy, qui a 46 ans et est grosse comme mademoiselle Georges: —La belle enfant!


Belle sous le linge (Être). Ne rien perdre de ses séductions en se mettant nue devant un homme qui vous a trouvée belle habillée.



Il y avait à côté de son nom: bonne créature, assez belle sous le linge, mais gauche et sans mouvement.

    La Popelinière.

Beluter. Faire l’acte copulatif, pendant lequel on remue beaucoup, —volutare.

Bénir des pieds. Se dit des spasmes amoureux, pendant lesquels l’homme et la femme gigotent des jambes, comme s’ils voulaient envoyer leur bénédiction urbi et orbi.

Bénitier. La nature de la femme, que nous emplissons de sperme bénit – par elle.

		Je crois bien que notre gros vicaire
		Aura mis le doigt au bénitier.

    Béranger.
		… Aussi, ma foi,
		Laissez-moi mettre un doigt
		Au bénitier de ma belle Lise.

    Emm. Delorme.
Béquille du père Barnaba (La). Le membre viril de tous les hommes, sur lequel s’appuient si volontiers toutes les femmes. Expression employée dès l’époque de la régence dans de nombreuses chansons.

		J’ai perdu ma béquille,
		S’écriait Barnaba;
		Quelle est l’honnête fille
		Qui la rapportera?

    Collé.
		Marc une béquille avoit
		Faite en fourche, et de manière
		Qu’à la fois elle trouvoit
		L’œillet et la boutonnière.

    Grécourt.
Berlingot. Le membre viril.

Besace. Tétons flasques et pendants, comme une besace dont les toiles se touchent; ou bien le ventre d’une fille enceinte.

		Finalement, v’là Boniface
		Qui s’ présente et veut m’épouser:
		Comme il faut qu’ chacun port’ sa b’sace,
		Je m’ promets bien d’ l’utiliser.
		Un mal de cœur, suit’ d’un’ scène amoureuse,
		Rendit bientôt ma position chanceuse…

    Ph. Vionet.
Besogne. L’acte vénérien, que nous accomplissons sans douleur – mais non sans fatigue. C’est ce que Fourier appelle le travail attrayant.



Quand ils ont bien travaillé et qu’ils sont saouls de la besogne.

    Tabarin.

		De le faire cent coups, voire à beau cul levé,
		Avec votre Brillant, qui besogne en crevé.

    Trotterel.
		La belle en train de bien apprendre,
		Serrait Lucas, qui, las de besogner,
		Par un air abattu lui fit assez comprendre
		Qu’on ne peut toujours enseigner.

    Vida.
Bestialité. Crime honteux que l’on commet avec une bête.



«Rien ne fut plus commun au moyen-âge que ce crime que l’on punissait de mort quand il était patent et confirmé par le tribunal. – Les registres du Parlement sont remplis de ces malheureux qu’on brûlait avec leur chien, avec leur chèvre, avec leur vache, avec leur pourceau, avec leur oie! – On aurait volontiers pardonné à la bête plutôt qu’à l’homme; mais on la tuait de peur qu’elle ne vint à engendrer un monstrueux assemblage de la bête et de l’homme.»

    Pierre Dufour.



La lutte s’engage, les coups se portent, la bête devient l’égale de l’homme, Sainte est embestialisée… ensinginée.

    Alfred de Musset. (Gamiani.)

Bête (La). La femme, – après l’homme.

		Le plus sot animal, à mon avis, c’est l’homme.

    Boileau.
		Si je veux croire les railleurs,
		Elle a fort peu de cheveux à la tête;
		Les sujets qu’on en dit ne sont pas des meilleurs;
		Ce n’est pas bien l’endroit par où j’ai vu la bête,
		Mais elle en a beaucoup ailleurs
		Où elle est souvent arrosée
		Par la plus douce des liqueurs.

    (Le Zombi du grand Pérou.)
		Ciel! poursuit-il, quand est-ce qu’on
		Pourra désabuser le monde
		De foutre ces bêtes à con
		Des animaux le plus immonde.

    Collé.
Bête à deux dos (Faire la). Faire l’acte vénérien, pendant lequel les deux fouteurs, collés ensemble par le ventre, ont l’air de n’avoir que des dos. – L’expression a de l’usage. Coquillart s’en est servi, Rabelais après lui, et, après Rabelais, Shakespeare – dans la première scène d’Othello:



Your daughter and the Moor are now making the beast with two backs…


On s’en sert toujours avec avantage dans la conversation.

Bêtises (Dire des). Tenir des propos gaillards, qui font rougir – et godiller – les dames.

Bêtises (Faire des). Patiner une femme, peloter un homme; baiser; sodomiser.



Sois bien sage et bien raisonnable, mais pas trop cochon; si nous voulons, nous ferons des bêtises.

    H. Monnier.

		Lors le prélat, relevant son étole,
		Après m’avoir caressé le menton,
		M’ fit des bêtis’s au pied du Capitole:
		J’ai, mes amis, toujours été cochon.

    (Parnasse satyrique.)
Bibi. Jouvenceau, mignon qui sert aux plaisirs libertins des vieillards – le giton du Satyricon, le Ganymède de Jupiter, l’officiosus des bains publics, à Rome; – ou mignon de dame.

Bibite. Le membre viril – quand il n’est plus ou quand il n’est pas encore assez viril.

		Ta pine n’est plus qu’une humble bibite
		Indigne d’entrer dans mon entonnoir.

    Anonyme.
		… Il est appelé…
		La bibite au petit par la bonne d’enfant.

    Louis Protat.
Bichette. Le membre viril, – ou plutôt, pour lui restituer son véritable sexe, la pine. – Cette expression, maintenant répandue à Paris, appartient à Nadar, à qui l’on prête des conversations intimes avec M


 Bichette. Un couplet d’Alexandre Pothey la consacre:

		Avis aux dam’s! qu’on se le dise!
		Nadar a l’ sac, et pour de bon!
		Le Monstre Vert, Frisette, Élise,
		Jusqu’à l’antique Pavillon,
		Pour célébrer ce jour de fête,
		S’en vont fair’ la cour à Bichette!
		D’être avalée elle a le trac!
		Nadar a l’ sac!

Bichon. Jeune homme qui sert aux plaisirs d’un homme mûr. C’est le giton moderne. – C’est aussi l’amant de cœur, le petit chien complaisant des femmes qui aiment à se faire bichonner, c’est-à-dire, lécher le cul.

Bidault. Vieux mot hors d’usage employé dans un sens obscène pour désigner:

1


 Le membre viril.



Celle-là vouloit bien avoir de vous autre chose que le bidault.

    P. de Larivey.

2


 La nature de la femme.

		Si j’avois vu votre bidault,
		Je serois guéri, ce me semble,
		Mais pour voir un peu s’il ressemble
		A celui de ma ménagère.

    (Farces et Moralités.)
Bidet. 1


 Cuvette de forme ovale, ordinairement enchâssée dans un tabouret de même forme, au-dessus de laquelle la femme se place à califourchon pour se laver – après le coït. – Ce meuble indispensable, essentiel, était connu des Romains, qui se lavaient post rem veneream, et quasi religiose. Sa forme était à peu près la même qu’aujourd’hui.

		Des coups de Pincecul, quelques coups de bidet,
		Enlèveront bientôt, et la trace, et l’effet.

    Louis Protat.
		Femme prudente se sauve,
		A dada sur son bidet.

    A. Jacquemart.
2


 Le membre viril, dada que les femmes enfourchent pour aller au bonheur.

		Il est d’une vigueur que rien ne peut abattre
		Que ce drôle était bien mon fait!
		Trois fois sans débrider il poussa son bidet.

    (Les Plaisirs du cloître.)
		A dada, à dada,
		A dada sur mon bidet.

    Jacquemart.
		Il la jeta d’abord sur sa couchette,
		Lui présenta son pétulant bidet.

    (Le Cosmopolite.)
		Chaque père en voyant cette jeune fillette,
		Sent son bidet tout prêt à rompre sa gourmette.

    Piron.
Bien servir un homme. Le faire bien jouir par des mouvements de croupe habiles et par toutes les fioritures amoureuses connues des femmes savantes.

		Les dames de nos bourgeois,
		Et j’en eus vingt dans un mois,
		M’auraient mieux servi cent fois.

    Béranger.
Bigarreau rouge (Le). Le gland, lorsqu’il n’est plus recouvert par la peau du prépuce et qu’il montre aux regards des jeunes filles sa tête chauve, source de volupté pour elles.



A force de se bander comme je dis, il y a une peau vers le haut qui se retire contre le ventre et découvre une tête qui est faite comme un gros bigarreau rouge.

    Mililot.

Bijou. La nature de la femme, pour l’homme; le membre viril, pour la femme, – deux choses précieuses.

		Qu’il soit pauvre, avare ou brutal,
		Un père au moins donne à sa fille
		Pour en jouir, soit bien, soit mal,
		Un petit bijou de famille.

    E. Debraux.
		Non, je l’avoue; aussi je te rends grâce,
		Lui dit-il, en tirant un vigoureux bijou.

    Vadé.
		Répondez-moi, tendres amis des dames,
		Si vous me manquiez du plus beau des bijoux,
		Par quels moyens, hélas! leur plairiez-vous?

    E. T. Simon.
Bijou artificiel. Phallus de cuir, —vulgo godemiché.

		J’ai des bijoux artificiels
		D’une forte structure
		Qui, dans les cons superficiels
		Remplacent la nature.

    (Chansons anonymes modernes.)
		Certain bijou, qui d’un sexe chéri
		Offre l’image et le trait favori,
		Sert de Zoé la langueur amoureuse.

    Parny.
Biscotter une femme. La baiser, acte pendant lequel on se remue fortement, – de l’italien scuotere, étymologie tirée par les poils.



Il aimait mieux dépuceler cent filles que biscotter une veuve.

    Rabelais.

		Lucrèce fait bien de la sotte
		Et ne veut pas qu’on la biscotte.

    Théophile.


C’est celui à qui l’on biscotte la femme.

    Noel du Fail.

Bissac. La nature de la femme, qu’elle tend si fréquemment à l’homme, pour qu’il l’emplisse – de sperme.

		Le texte dit que foullando,
		En foulant et fesant zic, zac,
		Le galant se trouve au bissac.

    (Ancien Théâtre français.)
		Après cinq ou six bons mots
		Fait entrer Genfrey au bissac.

    (Farces et Moralités.)
Bistoquer. Vieux mot hors d’usage, signifiant se servir du bistoquet, espèce de queue de billard, employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.

		Notre mignon lui répondit
		Que deux fois l’avait bistoquée.

    (Recueil de poésies françaises.)
Mais au moins, dites-moi, l’a-t-il point bistoquée?



    P. de Larivey.

Bistoquette. La pine.

		Savez-vous, bons citadins,
		Ce que le dieu des jardins
		A bien plus gros que la tête?
		Turlurette,
		C’est la bistoquette.

    Louis Festeau.
Blagues à tabac. Se dit des tétons qui ne se tiennent pas assez.

		Ceux qui disent que les tétons
		Flottent au vent comme des vagues,
		Suzanne, sont des polissons:
		On voit bien que ce sont des blagues.

    Anonyme.
Blanchisseuse de tuyaux de pipe. Fille ou femme galante qui, d’une pipe en terre rouge, fait en un tour de cul ou de main une pipe en écume.

Blonde. Maîtresse, – quelle que soit la couleur de ses cheveux ou de son poil.

		Puissé-je…
		Cramper dans le cul
		De ma blonde!

    Emile Debraux.
Blondin. Séducteur, quelle que soit la couleur de ses cheveux.

		L’autr’ jour, en rentrant chez moi,
		J’ trouv’ la clé dans la serrure…
		J’entre et j’ vois ma femm’ près d’un grand blondin,
		Tout autre aurait pris la mouche soudain…

    J. E. Aubry.
		De certain blondin la binette
		Me faisait mazurker le cœur.

    S. Tostain.
Blouse. La nature de la femme, qui, au jeu de billard amoureux, reçoit les deux billes de l’homme – avec la queue.

		Que je voudrais avoir aussitôt un écu,
		Voire deux, voire trois, dans ma pauvre fouillouse,
		Comme on a mis de coups dedans votre belouse.

    Trotterel.
Bobosse. Entreteneur, miché sérieux.

		Mais parlez-moi d’ ces vieux bobosses
		Qui sans façon vous font présent
		D’une guimbarde et de deux rosses:
		C’est du nanan.

    Émile Debraux.
Boc, Bocan, Boucan ou Bocard. Bordel, – dans l’argot militaire ou populaire. – Voir aussi Boxon (#Boxon) et Bousin (#Bousin).

		Le meilleur bocan du Marais
		Devient presque une solitude.

    Cyrano de Bergerac.
		Chez la grosse Cateau, vas-tu donc au bocan?

    La Fontaine.
Boire au goulot. Sucer un homme.

		Mais, grossier comme un matelot,
		Par le rustre je fus forcée
		De boire à même le goulot.

    Marcillac.
Boire dans le même verre. Baiser à plusieurs la même femme, – qui heureusement a le soin de se rincer après que chacun de ses amants a bu.

Boire seul. Se masturber, ce qui est jouir en égoïste, sans trinquer avec un vagin.



V’là que j’bande… Ah! n’ craignez rien… J’ n’ai jamais eu c’ défaut-là… Un Français ne… boit… jamais seul…

    Tisserand.

Boire un coup. Gamahucher une femme après l’avoir baisée, pour se préparer au second coup. La femme ne s’étant pas lavée, on est obligé d’ingurgiter le résultat de la première émission. Ce qui est rentrer dans son bien… avec intérêts. Voici à ce sujet une anecdote qui explique la chose:



M. Z., couché avec une actrice de la Comédie-Française, Mademoiselle X, avait déjà, courant la poste, fait une course… féconde. La fantaisie lui vint de gamahucher. Il invita donc la dame à passer au lavabo. Celle-ci, craignant le froid, ou ne tenant au sacrifice que pour plaire au sacrificateur, ne daigna pas se déranger, et, parodiant un vieux proverbe, elle s’écria en riant:

«Ah! bah!.. quand le coup est tiré, il faut le boire!»


Boîte. Sous-entendu: à jouissance, ou bien encore, boîte à pines. Fille publique.

Bondon. Employé dans un sens obscène pour désigner le membre viril.



A peine sont-elles aussi grandes qu’un tonneau qu’elles veulent avoir le bondon.

    Tabarin.

		C’est mon tonneau, j’en porte le bondon.

    Voltaire.
Bonheur. Aller au bonheur. Employé dans un sens obscène pour désigner l’acte vénérien.



Il ne répondit aux reproches qu’on lui faisait qu’en achevant son bonheur.

    Diderot.

Bonneau. Homme serviable qui se charge – moyennant finance – d’aplanir les difficultés que pourraient éprouver à se rencontrer une femme mariée et son amant. Son obligeance va même jusqu’à procurer des amants à celles et des maîtresses à ceux qui en désirent.

Bonne enfant (Être). C’est, pour une putain, se prêter à tous les caprices libertins de l’homme qu’elle a raccroché.

		Déboutonn’-toi, tu verras comme
		J’ s’rai bonne enfant: j’ t’amus’rai bien.

    Henry Monnier.
Bonnes fortunes. Coups qu’un homme tire avec le sexe: autant de femmes, autant de bonnes fortunes.



Une jeune fille dira sans rougir, d’un jeune homme: – Il a eu tant de bonnes fortunes. – Mais elle se croirait déshonorée si elle disait de lui: – Il a foutu tant de femmes. Et pourtant, c’est exactement la même chose.

    A. François.

		Chacun rencontre sa chacune,
		Nul ne fut sans bonne fortune.

    Voiture.
Bonnet ou Bonnet à poil. La nature de la femme, que l’homme place sur la tête de son priape à la grande satisfaction de celui-ci. Il y a des bonnets pour toutes les têtes et des têtes pour tous les bonnets.

		Ma Lisa, ma Lisa, tiens bien ton bonnet.

    E. Debraux.
		Tu vas me dire, je le gage,
		Que la chaleur de ton bonnet
		Fera transpirer son… visage

    Guillemé.
		Un bonnet à poil, je te jure,
		Aujourd’hui ferait son bonheur;
		Pour faire admirer sa tournure,
		Coiffe mon petit voltigeur.

    Guillemé.
		Mon ourson ne servit plus guère;
		Car, comm’ disait notre aumônier:
		J’ connais c’ pays qu’on prône,
		Novi, Florence, Ancône;
		Mais l’Italien, peu guerrier,
		Rarement coiffe – un bonnet d’ guernadier.

    Henri Simon.
Bontés. Coups tirés avec un homme. Expression chaste, sens obscène.



Vous êtes un ingrat: je regrette d’avoir eu des bontés pour vous, et de vous avoir ainsi donné le droit de me mépriser.

    J. Du Boys.

Bordel. Couvent de femmes qui ont fait vœu de lubricité. C’est le ganea (γάνος, joie) des Anciens, ordinairement situé loin de la ville, et la Borde (petite maison) des Modernes, située aussi dans la campagne, loin des regards indiscrets.



L’on envoie sa conscience au bordel, et l’on tient sa contenance en règle.

    P. Charron.

		Misérable Philis, veux-tu vivre toujours
		Un pied dans le bordel, l’autre dans la taverne?

    Maynard.
		Cependant vengeons-nous
		Sur la grosse Cateau, qui tient bordel infâme.

    La Fontaine.
Bordel ambulant. Fiacre, dont les stores baissés permettent aux amoureux, qui l’ont pris à l’heure pour aller plus doucement, de faire leurs petites affaires de cul.

Bordelier ou Bordelière. Homme ou femme qui hante les bordels.

Bossoirs (Les). Les tétons, par allusion aux deux grosses pièces de bois qui servent à suspendre et à hisser les ancres d’un navire et qui font saillie au-dessus de l’éperon, à l’avant. – D’où cette facétie libertine: «Les bossoirs (beaux soirs) font les belles nuits.»

		Rembarque-moi ces bossoirs,
		Quoi qu’ tu fais d’ ces morceaux d’ tripe?

    (Parnasse satyrique.)
Botte florentine. Enculage d’un homme ou d’une femme, – par allusion aux habitudes pédérastiques, vraies ou supposées, des habitants de Florence, une façon de Sodome.



Peut-être aussi le plus bizarre de tous les goûts pour une femme… fait-il qu’elle ne prend aucune précaution contre la botte florentine qui pourrait la menacer.

    (Les Aphrodites.)

Bouche d’en bas (La). La nature de la femme, – si éloquente dans son langage muet.



D’autres femmes y a-t-il, qui ont la bouche de là si pâle, qu’on dirait qu’elles y ont la fièvre.

    Brantôme.

		Pour récompenser mon mérite,
		Arrachant les dents bien à point,
		Permettez que je vous visite
		Votre bouche qui n’en a point.

    (Cabinet satyrique.)
Bouche impure (La). Le trou du cul, – qui parle plus souvent qu’on ne voudrait, et dont le langage n’est en odeur de sainteté qu’auprès des pédérastes.



Déjà le comte, dans un moment de délire assaisonné des exclamations les plus passionnées, est allé jusqu’à déposer un baiser fixe et mouillant sur cette bouche impure de laquelle, en pareil cas, il serait disgracieux d’obtenir un soupir.

    Andréa de Nerciat.

Bouchère en chambre. Fille ou femme galante, qui pèse la viande – masculine – avec la main.

Boucherie. Bordel, où abondent les gros morceaux de viande, – humaine.



Je vais connaître cette maison et savoir quelle viande il y a à son étal, à cette boucherie-là.

    Lemercier de Neuville.

Boucher la serrure. Mastiquer le vagin de la femme à force de décharger dedans, et le rendre impropre à la fécondation.

Boucher un trou, une brèche, une fente. Introduire le membre viril dans le vagin d’une femme, sous prétexte d’en mastiquer les fissures.

		Plus loin, j’ trouvons madam’ vot’ mère
		Sous not’ aumônier Goupillon;
		J’ dis: Vous bouchez un’ brèch’, not’ père,
		Par où pass’rait un bataillon.

    Béranger.
Bouchon. Le membre viril, que la nature a destiné à fermer hermétiquement le goulot de la femme.

Bouder. Joli mot, sotte chose, a dit Commerson. – Laisser voir, par l’expression de son visage, qu’on a de l’humeur ou du ressentiment contre quelqu’un.

		On ne saurait bouder longtemps
		Quand on boude contre son ventre.

    (Improvisateur français.)


Tu sais que ta ci-devant femme, quant à ce qui est d’ça (foutre), n’aime à bouder ni contre son ventre, ni contre son bas-ventre.

    Sophie Arnould.

Boudin ou boudin blanc. Le membre viril, – dont toutes les femmes voudraient bien avoir dix aunes dans le corps.



Qu’est-ce que vous voulez faire du boudin de mon mari. N’avez-vous pas assez du vôtre?

    D’Ouville.



Il se retourna vers moi et me fit voir comme un bout de boudin blanc qui était assez long, dont je m’émerveillai que je n’en avais point de pareil.

    Mililot.

Boudiner. Baiser. – Se dit aussi d’une femme qui se sert d’un boudin, au lieu d’un membre viril, pour se faire jouir.

Boudoir. L’endroit réservé, discret, mystérieux, parfumé, où toute femme qui sait vivre reçoit l’homme dont elle veut être aimée – à couillons rabattus.



Eh bien, Montade, n’est-il pas joli, mon boudoir! – Il le sera davantage quand nous l’aurons appelé par son vrai nom, foutoir.

    La Popelinière.

Bougeoir (Le), ou la Bougie. Le membre viril – qu’on allume lorsqu’on va se coucher avec les femmes.

		J’ai beau te presser le bouton,
		De mon travail, le croirait-on?
		Tu restes spectatrice.
		Pour le coiffer d’un éteignoir,
		As-tu jamais pris mon bougeoir?
		Hé! zon, zon, zon,
		Prends-le moi, Suzon,
		Il faut que ça finisse.

    H. Simon.
Bougre. Pédéraste, – en souvenir des hérétiques albigeois et bulgares qui, en leur qualité d’ennemis, étaient chargés d’une foule d’iniquités et de turpitudes par le peuple, alors ignorant – comme aujourd’hui.

		Des soins divers, mais superflus,
		De Fiévés occupent la vie:
		Comme bougre il tache les culs,
		Comme écrivain il les essuie.

    Anonyme.
Bougrerie. Péché contre nature que commettent, non seulement les pédérastes, mais même quelquefois les honnêtes gens avec les femmes.

		Un peu de bougrerie
		Est dans la vie
		Quelquefois de saison.

    Collé.
Bougresse. Gourgandine, femme qui aime l’homme.

Bouillon chaud. Sperme, au moment de son introduction dans le vagin de la femme.

Bouillon pointu. Lavement spermatique; enculage.



Dieu! qu’est-ce que je sens? – L’apothicaire poussant sa pointe: c’est le bouillon pointu.

    (Parodie de Zaïre.)

Boulettes. Les testicules, – qu’on ne jette pas aux chiens, mais sur lesquels se jettent ces chiennes enragées d’amour qu’on appelle les femmes.



Ceux-là que tu voulais dire qui ne déchargent point, sont les châtrés, à qui on a coupé les deux boulettes et qui ne sont bons à rien qu’à bander quelquefois.

    Mililot.

Bourdon. Le membre viril, – sur lequel s’appuie si volontiers la femme qui va en pèlerinage à Cythère.

		La croix et le bourdon en main.

    B. de Maurice.


Extasiée, fendue par l’énorme grosseur du vigoureux bourdon de mon dévirgineur, les cuisses ensanglantées, je restai quelque temps accablée par la fatigue et le plaisir.

    (Mémoires de miss Fanny.)

Bourriquer. Baiser une femme comme l’âne saillit sa femelle, avec la même impétuosité et la même absence de précautions – et de délicatesse.

		… Aux champs, le paysan bourrique.

    Louis Protat.
Boursavit. La nature de la femme, qui est en effet une bourse à vits – ou, pour parler plus pudiquement, une bourse à glands.



Elle avait corps féminin jusqu’aux boursavits.

    Rabelais.

Bourses. Les testicules, qui contiennent la véritable fortune de l’homme – que peut cependant lui enlever cette banqueroute amoureuse qu’on appelle la vérole.

		… Un banquier, un agent
		De change, un financier, disent qu’ils ont des bourses.

    Louis Protat.
Bousin, Bousingot. Bordel, petit bordel. D’où, par extension: Faire du bousin, pour: Faire du bruit, – les bordels n’étant pas précisément des Paraclets.

		Un soir, dans la rue aux Fèves,
		Près d’un bousingot,
		Un’ putain me suc’ les lèvres,
		M’ fait l’offr’ du dodo.

    Schanne.
Bout. Le membre viril, qui ressemble à un bout de quelque chose – de bien agréable pour la femme.

		Le pauvre monsieur Cabout,
		Dont le bout
		Est toujours petit et mou.

    Tallemant des Réaux.
Boute-feu, Boute-joie. Le membre viril, parce qu’il met à feu et à flamme l’amadou féminin.



Cependant, je ne laissais pas de redouter l’instant où mon nouvel enfileur m’incrusterait son formidable boute-joie, mais je m’armai de courage.

    (Mon noviciat.)

Boutique. Employé dans un sens obscène pour désigner la nature de la femme.



Oh! ma mie, venez ici, et fermez la boutique, c’est aujourd’hui fête.

    (Moyen de parvenir.)

		J’avais pourtant encor bonne pratique,
		Et pour cela ne fermai la boutique.

    J. Du Bellay.
		Bien souvent à telle pratique
		Les femmes ouvrent leur boutique.

    (Variétés historiques et littéraires.)


Vertu de ma vie! c’était une belle boutique.

    Tabarin.

Bouton. L’extrémité de chaque téton, qui est d’une sensibilité telle, qu’en le pressant un peu des lèvres ou des doigts on en fait sortir un flot de jouissance.

		Ce beau sein sur ma bouche,
		Qu’il est pur!
		Ce bouton que je touche,
		Qu’il est dur!

    Gustave Nadaud.
Bouton. L’extrémité du clitoris, qu’il suffit de toucher de la langue, du doigt ou de la pine pour ouvrir à la femme la porte des félicités divines. – Voir aussi Sonner le Bouton (#litres_trial_promo).



Laisse mon bouton… mon tit bouton…

    Henry Monnier.

		Tout s’ouvre: le bouton des roses,
		Et celui des femmes aussi.

    (Parnasse satyrique.)
Boutonnière. La nature de la femme, en opposition à l’anus, que MM. les pédérastes appellent l’œillet.

Boxon. Bordel, probablement parce que, comme on y va gris, on s’y boxe souvent, – et non comme l’avance Francisque Michel, sans preuves à l’appui, parce qu’il y avait autrefois, à la porte de ces maisons-là, comme à la porte des cabarets, un rameau de buis (en lat. buxus).

		Y dit qu’ dans tous les boxons
		On le r’çoit en paillasson.

    Dumoulin.
Boxonner. Aller de bordel en bordel; fréquenter les filles publiques. Se dit aussi pour: Baiser (#Baiser).

		Du dieu Vulcain quand l’épouse mignonne,
		Va boxonner loin de son vieux sournois.

    (Parnasse satyrique.)
Boxonneur. Coureur de bordels.

Boyau. Le membre viril, qui semble sortir du ventre – et qui y rentre quelquefois, au grand déplaisir de la femme.

		Lorsque je bande,
		Je me demande
		Si j’ai dans le boyau pinal
		Tous les sabres de l’arsenal.

    (Chanson moderne.)
		Adieu! et jamais plus ne t’advienne entreprendre
		De faire le vaillant, toi qui ne saurais tendre.
		Adieu! contente-toi, et ne pouvant dresser,
		Que le boyau ridé te serve pour pisser.

    Remy Belleau.
Braguette. Le membre viril, – par corruption de brayette, fente de la culotte par laquelle maître Jean Frappart met le nez à la fenêtre quand il a trop chaud ou qu’il a envie d’éternuer.

		De l’image de la braguette
		Qui entre, corps, oreille et teste
		Au précieux ventre des dames.

    (Ancien Théâtre français.)
		L’insecte prend le bon moment:
		Il mord si dru, qu’à sa braguette
		Le Saint-Père porte la main,
		Et, sur son auguste roupette,
		Du morpion bénit l’hymen.

    B. de Maurice.
Braise, Braiser, Abouler de la braise, de l’argent, dans le langage des filles, parce que ce métal brille comme charbon allumé – surtout lorsque c’est de l’or, – et que c’est avec cela qu’on les chauffe.

Brandon et Brandilloires. Le membre viril, et les testicules, qui brandillent si voluptueusement sous une main de femme.



Levant mes jupes, il me fit voir un superbe brandon… qu’il fit agir avec toute l’impétuosité qu’un long jeûne de mer pouvait lui fournir.

    (Mémoires de miss Fanny.)

Brandouiller. Branler doucettement quelqu’un ou quelqu’une, pour le – ou la – faire bander et l’exciter à jouir.

		Qui n’invoque point le secours
		D’une main qui vous le brandouille.

    (Satan et Eve, 47.)
		Le roi disait à la reine Victoire:
		Si tu voulais,
		Une heure ou deux, me brandouiller l’histoire,
		Je banderais…

		Plus d’une fois, une main sous ta cotte,
		Tandis que l’autre écartait ton fichu,
		Je caressais et brandouillais ta motte…
		Dis-moi, Marton, dis-moi, t’en souviens-tu?

    (Chansons anonymes modernes.)
Branler. Employer la masturbation pour faire jouir les hommes quand on est femme, ou les femmes quand on est homme.



Prends-le donc, petite coquine… Là… à poignée!.. Branle! branle! pour le remettre en train.

    La Popelinière.

		… ... J’ai vu rarement
		Une putain sachant branler parfaitement.

    Louis Protat.
		Un jour que madame dormait,
		Monsieur branlait sa chambrière.

    (Cabinet satyrique.)
Branler (Se). Se servir de la main entière quand on est homme, et seulement du doigt médium quand on est femme, pour arriver à jouir sans collaboration.

		On n’est jamais si bien branlé que par soi-même.

    Gérard de Nerval.
		Maintenant je suis réduite, farouche,
		A me branler, moi! Que je te maudis!

    (Parnasse satyrique.)
Branler du cul, ou Branler la croupière. Remuer des fesses, de façon à faire jouir l’homme qui vous a payée pour cela.

		Philis veut avoir un écu
		Pour branler une heure du cu

    Théophile.
		Cette jeune espicière
		Que vous cognoissez bien
		Pour branler la croupière
		A gagné tout son bien.

    (Chansons folastres.)
Branleur, ou Branleuse. Paillard ou femme qui n’est pas assez belle ou qui n’est plus assez jeune pour être baisée, ou qui redoute de l’être à cause des enfants, et qui fait son métier de branler les hommes.

		… On ne devient pas, il faut naître branleuse

    Louis Protat.
Branlotte. Action de branler ou de se faire branler.



Colle-toi sur moi; faisons-nous une bonne branlotte.

    La Popelinière.

Branlotter le prépuce. Oter et remettre le petit chapeau de chair qui le protége et le rend si tendre au moindre contact.

		Te souvient-il de ta sœur Luce
		Qui me branlottait le prépuce?

    (Parnasse satyrique.)
Braquemard. Le membre viril, – par allusion à l’épée courte et large dont on se servait au moyen-âge: c’est avec le braquemard, en effet, qu’on blesse les femmes au ventre.



De tant de braquemarts enroidis qui habitent par les brayettes claustrales.

    Rabelais.



Mettant la main sous les draps, et trouvant son braquemard.

    (Moyen de parvenir.)

		Il est nommé…
		Jacques par le farceur, braqmard par l’étudiant.

    Louis Protat.
Braquemarder. Baiser une femme avec énergie et conviction.

Bras. Le membre viril, qui nous sert à prendre les femmes par le – sentiment. – On dit aussi un bras d’enfant pour donner une idée de la longueur et de la grosseur de l’objet.

Brasier. La nature de la femme, où règne une chaleur à faire fondre les pines les plus solides.



Tant plus mon mari me brûle en mon brasier.

    Brantôme.

Brèche. La nature de la femme, par laquelle l’homme entre dans le paradis.



Et passant la main à la brèche.

    (Moyen de parvenir.)

		Madame, n’entendez plus rien,
		Laissez donner à votre brèche.

    Théophile.
Bricoler une femme. La baiser, lui mettre la bricole masculine dans le vagin.



Se trouvant en lieu d’assignation où cinq ou six se trouvaient pour la bricoler.

    (Moyen de parvenir.)

		Et du tout pour avoir bricolé
		Avec une jeune guenon.

    (Recueil de poésies françaises.)
		Lorsque l’on est las de Catin,
		On embrasse Nicole,
		Qu’on abandonne le matin
		Pour Suzon, qu’on bricole.

    Collé.
Brigadier de l’amour (Le). Le doigt médium, – à cause de l’assistance qu’il prête aux amants dans les jeux libertins, puisque c’est avec lui qu’on branle une femme.

		Quand amour perd de sa flamme,
		Ce doigt la réveille en vous;
		Lorsque aussi près d’une dame
		Le dieu cueille un beau laurier
		Ce doigt est son brigadier.

    (Chansons anonymes modernes.)
Brimballer. Vieux mot hors d’usage signifiant sonner les cloches, employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.



Seulement il ne voyoit sa femme brimballant.

    Rabelais.

		Et que sur le tombeau, où je reposerai,
		Neuf fois par neuf matins il brimballe des filles,
		Et de neuf coups de cul son vit je bénirai.

    Théophile.
Brimborions (Les). Les testicules, – qui ont l’air de pendre à la queue de l’homme comme les pompons à la tête d’un mulet.

		Peux-tu, me dire aussi tous les différents noms
		Que l’on donne parfois aux deux brimborions
		Qui sont pendus après?..

    Louis Protat.
Broque, ou Broquette. Le membre viril – avant qu’il soit viril. – Monstrelet parle d’une statue d’enfant (le modèle de Mannekenpis) qui «par sa broquette donnait eau rose.»



Allons, mon petit ami, sors ta broquette pour que je la baise.

    J. Le Vallois.

		Lorsque d’Adam en paradis
		Ève soulevait la breloque,
		Qu’importait à son clitoris
		Un nœud, une pine… une broque!

    Paul Saunière.
		Ici-bas, voilà notre état:
		A coup de cul il faut qu’on broque.
		Le plus pauvre sur son grabat
		Se démène à grands coups de broque;
		Rois, juges, soldats valeureux,
		Musulmans, païens, chacun broque;
		Et le Saint-Esprit amoureux
		Nous a faits chrétiens par la broque.

    Paul Saunière.
		… L’avenir m’inquiète…
		De Pincecul, hélas! l’exécrable broquette
		Peut n’être pas…

    Louis Protat.
Brûler, ou Brûler un cierge. Être très amoureux. Tirer un coup avec une femme, – qui se charge de vous faire couler.

		Vénus, à ta charmante loi
		Mon cœur n’est point rebelle:
		Je me sens presque malgré moi
		Brûler pour chaque belle.

    Armand Gouffé.
Buisson (Le). Les poils qui ornent le mont de Vénus et qui défendent souvent l’entrée du vagin, quand ils sont mal peignés et mal lavés.

		C’est là-d’ssus qu’ la vieill’ femm’ se r’jette:
		Son buisson est large et touffu;
		N’eût-on plus d’ cheveux sur la teste,
		Il faut avoir du poil au cul.

    Auguste Lefranc.
Burette (Petite). Le membre viril, qui contient l’huile essentielle de l’amour, cette «bonne eau» (de vit) dont parle Brantôme en ses Dames galantes, et «qui est si douce sans sucre.»

		Va… ferme! que rien ne t’arrête…
		Fais-moi cadeau d’ ta p’tit’ burette

    H. Monnier.


J’y vas d’ma burette tous les matins et tous les soirs.

    Lemercier.

But d’amour, ou But du désir, ou But mignon de fouterie (Le). La nature de la femme, à laquelle tendent tous les membres suffisamment virils.



Et lorsqu’il vit le but d’amour.

    (Moyen de parvenir.)

		Et quand ma main approche
		Du but de mon désir,
		J’attrape une taloche
		Qui fait toujours plaisir.

    Collé.


Et qu’en cela presque paraissait le but mignon de ficherie.

    (Moyen de parvenir.)




C


Ça (cela). Ça, c’est le vit; ça, c’est le con; —ça, c’est tous les agréments de la fouterie qu’on n’ose nommer, parce qu’ils s’appellent comme ça. —Faire ça, ou cela, c’est faire l’amour. Faire ci et ça, c’est faire ça… et autre chose.

		Quand je suis sur ça,
		Mon plaisir ne se peut comprendre,
		Et, ma foi, sans ça,
		Que pourrais-je faire de ça?
		J’aime assez m’y reprendre,
		Pour arriver encore à ça.
		Afin de mieux m’étendre
		Sur ce beau sujet-là,
		Ah! que j’aime ça!
		Ce mot me plaît à la folie;
		Il semble déjà
		Que je suis à même de ça.

    (Gaudriole de 1834.)
Cabinet. La nature de la femme, où l’homme fait ses nécessités amoureuses, – ce qui donne à ce cabinet une odeur sui generis fort agréable, quoique un peu violente.



Le jardinier voyant et trouvant le cabinet aussi avantageusement ouvert, y logea petit à petit son ferrement.

    Noel du Fail.

Cadran. La nature de la femme, à laquelle le membre viril sert d’aiguille pour marquer les heures minutules du bonheur.

		Conduis vite l’aiguille au milieu du cadran.

    (Théâtre italien.)
Café des deux colonnes. Prendre son café aux deux colonnes, c’est-à-dire gamahucher une femme. Le con sert le café au lait; les deux jambes sont là, pour la forme, et ne servent que d’enseigne: aux Deux Colonnes.

Cage. La nature de la femme, – dans laquelle se trémousse si agréablement le petit oiseau à longue queue que les savants appellent penis et les ignorants, pine.

		Des autres perroquets il diffère pourtant,
		Car eux fuient la cage, et lui, il l’aime tant,
		Qu’il n’y est jamais mis qu’il n’en pleure de joie.

    (Cabinet satyrique.)
		Elle le prit de sa main blanche,
		Et puis dans sa cage le mit

    Regnard.
		Lisette avait dans un endroit
		Une cage secrète:
		Lucas l’entr’ouvrit, et tout droit
		D’abord l’oiseau s’y jette.

    Collé.
Calcul. Plaisir vénérien.



Les deux amants étoient au plus fort de leur calcul.

    P. de Larivey.

		Je sais quelqu’un
		Qui rend encor le calcul
		Nul.

    Collé.
Calfeutrer une femme. Boucher son trou avec une pine.



Le garçon de boutique calfeutra aussi bien mon bas, que maître juré qui soit du métier de culetis.

    (Variétés historiques et littéraires.)

Callibistri. Le membre viril, ou la nature de la femme.



Montrant mon callibistri à tout le monde, qui n’était pas petit sans doute.

    Rabelais.



Je crois que les callibistris des femmes de ce pays sont à meilleur marché que les pierres.

    Rabelais.

Camelottes, le monde camelotte. Celui des femmes galantes d’une catégorie très infime. Les fleuves ne peuvent pas remonter à leur source; les mots y remontent volontiers, au contraire; par exemple celui-ci. Il est de création moderne, quant au sens nouveau qu’on lui a donné sans songer à l’étymologie: or, camelotte vient de camelus, qui veut dire chameau.

Campagnes. Les aventures amoureuses d’une femme: autant d’amants, autant de campagnes – sous de simples soldats comme sous tel ou tel général, militaires ou bourgeois. – Le mot est pris quelquefois dans le sens de: Années consacrées au service de l’homme, à propos duquel il y a tant d’enrôlements volontaires.



Madame Durut: «J’ai pourtant, comme tu sais, mes petits trente-six ans bien comptés, dont, grâce à Dieu, vingt campagnes.»

    Andréa de Nerciat.

Canal. Le membre viril, qui est en effet le canal du bonheur – pour les femmes. Quel dommage qu’on soit forcé de le faire draguer si souvent par les chirurgiens!

		Par le canal de son amant
		Le bien lui arrive en dormant.

    Collé.
Canichon. Con poilu et frisé comme un caniche.

		Est-il bien méchant, ma tante,
		Vot’ p’tiot canichon?
		Non, que m’ répond ma parente,
		C’est un vrai bichon.
		N’ sens-tu pas sa bouch’ qu’est close?
		Entre ton doigt d’dans…
		– Tiens, que j’ dis, la drôl’ de chose,
		Vot’ quien n’a point d’ dents.

    Léon Charly.
Cantharide. Insecte qui, réduit en poudre, est un aphrodisiaque énergique et dangereux qu’emploient les gens épuisés par les excès vénériens pour en recommencer d’autres.

		La cantharide est, à Cythère,
		En usage comme à Paris;
		Son effet est très salutaire,
		Surtout pour nous autres maris.
		Ce bonbon me change en Alcide!
		J’étais si faible auparavant…
		En avant de la cantharide!
		Oui, la cantharide en avant!

    J. Du Boys.
Capote. Autrement dit, redingote anglaise. Préservatif en baudruche ou en caoutchouc historié, dont on habille le membre viril, toutes les fois qu’on le conduit au bonheur, – ce qui ne le préserve pas du tout de la chaude-pisse ou de la vérole, d’après l’opinion du docteur Ricord, autorité compétente en cette matière, qui a dit: «La capote est une cuirasse contre le plaisir et une toile d’araignée contre la vérole.» Les frères Millan, gros et petits, sont seuls intéressés à soutenir le contraire.

		Il fuyait me laissant une capote au cul.

    Louis Protat.
		Les capotes mélancoliques
		Qui pendent chez le gros Millan,
		S’enflent d’elles-mêmes, lubriques,
		Et déchargent en se gonflant.

    (Parnasse satyrique.)
Caprice. Amant ou maîtresse.



Mon dernier caprice m’a cassé trois dents.

    Gavarni.

Carabine. Femme qui fréquente les élèves en médecine et se fait carabiner par eux.

		… Son petit air mutin
		Plaît fort au quartier Latin.
		C’est Flora, la carabine,
		Dont la mine si lutine,
		Promet à chacun son tour
		Un beau jour d’amour.

    J. Choux.
Carabiner une femme. La baiser à la gendarme, la flûte entre les jambes.



Et tandis que vous jouerez gros jeu avec la princesse, ne pourrai-je point carabiner avec la soubrette?

    (Théâtre italien.)

Caracoler. Baiser, ce qui est proprement faire des caracoles sur le ventre d’une femme.

Caramboler. Faire l’acte vénérien, parce que l’homme se sert de sa queue pour jouer au billard amoureux, pour y faire des effets de queue, pour mettre ses billes dans la blouse de la femme.

Carcan à crinoline. Nom que les voyous donnent aux drôlesses du quartier Breda, qui font de l’embarras avec leurs crinolines à vaste envergure sous lesquelles il y a souvent des maigreurs désastreuses.



C’est pas un de ces carcans à crinoline.

    Charles Monselet.

Cardinales (Les). Les menstrues, qui teignent en rouge la chemise des femmes. – On disait même autrefois: «Le cardinal est logé à la motte», pour signifier: «Cette femme a ses menstrues.»

		La jeune fille un peu pâle et tout éplorée,
		A son amant chéri fit cet aveu fatal
		Qu’elle avait pour neuf mois perdu son cardinal.

    (Tour du Bordel.)
Caresser un homme. Le peloter, lui passer une main adroite dans le pantalon pour réveiller le membre qui y dort sur ses deux coussins, et le faire ainsi gaudiller. – Caresser une femme, la baiser, – ce qui est, pour elle, la caresse par excellence.

		Chloé, d’où vient cette rigueur?
		Hier tu reçus mes caresses,
		J’accours aujourd’hui plein d’ardeur
		Et tu repousses mes tendresses.

    E. T. Simon.
		Afin, se disoit-il, que nous puissions, nous autres,
		Leurs femmes caresser, ainsi qu’ils font les nôtres.

    Régnier.
		J’avois un mari si habile,
		Qu’il me caressoit tous les jours.

    (Parnasse satyrique.)


La jeune demoiselle qui avait été si bien caressée, s’imaginait que cela devait durer toutes les nuits de la même façon.

    D’Ouville.



Il les repoussa de la porte, la referma, et retourna caresser la belle.

    Tallemant des Réaux.

		Si vous vouliez madame caresser,
		Un peu plus loin vous pouviez aller rire.

    La Fontaine.
		Que de caresses
		Que de tendresses,
		Pour réchauffer vos cœurs, vieux députés!

    Gustave Nadaud.
Carillonner. Baiser une femme, en frappant les parois de sa cloche avec le battant priapesque.



Et il carillonne à double carillon de couillons.

    Rabelais.



N’est-ce pas un sujet de rire, lorsqu’on est sur le point de carillonner à ma paroisse.

    D’Ouville.

Carotte. Le membre viril, – par allusion à sa forme et à sa couleur.



Pourquoi la retires-tu, ta petite carotte? Je ne voulais pas te la manger.

    E. Jullien.

Carte (Avoir sa, ou Être en). Être inscrite comme fille exerçant le métier de putain, sur le registre ad hoc ouvert à la préfecture de police.

		… Dès demain
		Je ferai demander ta carte à la police,
		Et tu pourras alors commencer ton service.

    Louis Protat.
Cartes transparentes. Cartes à jouer qui, au premier abord, ressemblent à d’innocentes cartes, mais qui, lorsqu’on les regarde avec attention, entre le soleil et les yeux, sont autant de compulsamenti à fouterie.



Elle fait défiler devant ses yeux une foule de cartes transparentes, qui sont autant des outrages au bon goût qu’aux bonnes mœurs.

    Lemercier de Neuville.

Cas. Le membre viril aussi bien que la nature de la femme.

		Un capucin, malade de luxure,
		Montroit son cas, de virus infecté…

    Piron.
		Je croyois que Marthe dût être
		Bien parfaite en tout ce qu’elle a;
		Mais, à ce que je puis connoître,
		Je me trompe bien à cela,
		Car, bien parfaite, elle n’est pas
		Toujours en besogne à son cas.

    Berthelot.


Qui a froid aux pieds, la roupie au nez, et le cas mol, s’il demande à le faire, est un fol.

    (Moyen de parvenir.)

		Mon cas, fier de mainte conquête,
		En Espagnol portoit la tête.

    Régnier.


Il avoit sa femme couchée près de lui, et qui lui tenoit son cas à pleine main.

    Brantôme.

		Les tetons mignons de la belle,
		Et son petit cas, qui tant vaut.




Конец ознакомительного фрагмента.


Текст предоставлен ООО «ЛитРес».

Прочитайте эту книгу целиком, купив полную легальную версию (https://www.litres.ru/alfred-delvau/dictionnaire-erotique-moderne/) на ЛитРес.

Безопасно оплатить книгу можно банковской картой Visa, MasterCard, Maestro, со счета мобильного телефона, с платежного терминала, в салоне МТС или Связной, через PayPal, WebMoney, Яндекс.Деньги, QIWI Кошелек, бонусными картами или другим удобным Вам способом.


