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  ,2020

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ISBN978-5-4498-7443-6

     Ridero






(    .)

 . (Charles Pierre Baudelaire 18211867)

   (Wystan Hugh Auden. 19071973).

  (Elizabeth Bishop. 19111979)

   (Dante Gabriel Rossetti. 18281882)

  (Robert Frost. 18741963).

   (William Butler Yeats. 18651939).

   (1923)

  (Friedrich Schiller. 17591805)

   (Joseph Brodsky.

19401996)

   (1987)






















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Spleen

(Charles Pierre Baudelaire)


		Quand le ciel bas et lourd p; se comme un couvercle
		Sur lesprit g; missant en proie aux longs ennuis,
		Et que de lhorizon embrassant tout le cercle
		Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits,
		Quand la terre est chang; een un cachot humide,
		Ou lesperance, comme une chauve-souris,
		Sen va battant les murs de son aile timide
		Et se cognant la tete ades plafonds pourris,
		Quand la pluie etalant ses immenses trainees
		Dune vaste prison imite les barreaux,
		Et quun peuple muet dinfames araignees
		Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
		Des cloches tout acoup sautent avec furie
		Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
		Ainsi que des esprits errants et sans patrie
		Qui se mettent ageindre opiniatrement.
		Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
		Defilent lentement dans mon ame; lEspoir,
		Vaincu, pleure, et lAngoisse atroce, despotique,
		Sur mon crane incline plante son drapeau noir.




 

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Le balcon

(Charles Pierre Baudelaire)


		Mere des souvenirs, maitresse des maitresse
		Otoi, tous mes plaisirs! Otoi, tous mes devoirs!
		Tu te rappelleras la beaute des caresses,
		La douceur du foyer et le charme des soirs,
		Mere des souvenirs, maitresse des maitresse!
		Les soirs illumines par lardeur du charbon,
		Et les soirs au balcon, voiles de vapeurs roses.
		Que ton sein metait doux! que ton coeur metaitbon!
		Nous avons dit souvent dimperissables choses
		Les soirs illumines par lardeur du charbon.
		Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirees!
		Que lespace est profond! que le coeur est puissant!
		En me penchant vers toi, reine des adorees,
		Je croyais respirer le parfum de ton sang.
		Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirees.
		La nuit sepaississait ainsi quune cloison,
		Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles,
		Et je buvais ton souffle, odouceur! Opoison!
		Et tes pieds sendormaient dans mes mains fraternelles.
		La nuit sepaississait ainsi quune cloison.
		Je sais lart devoquer les minutes heureuses,
		Et revis mon passe blotti dans tes genoux.
		Car aquoi bon chercher tes beautes langoureuses
		Ailleurs quen ton cher corps et quen ton coeur si doux?
		Je sais lart devoquer les minutes heureuses!
		Ces serments, ces parfums, ces baisers infinis,
		Rena; tront-il dun gouffre interdit anos sondes,
		Comme montent au ciel les soleils rajeunis
		Apres setre laves au fond des mers profondes?
		Oserments! Oparfums! Obaisers infinis!






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Sepulture

(Charles Pierre Baudelaire)


		Si par une nuit lourde et sombre
		Un bon chr; tien, par charite,
		Derri; re quelque vieux d; combre
		Enterre votre corps vante,
		Alheure ou les chastes etoiles
		Ferment leurs yeux appesantis,
		Laraign; ey fera ses toiles,
		Et la vipere ses petits;
		Vous entendrez toute lannee
		Sur votre tete condamnee.
		Les cris lamentables des loups
		Et des, sorcieres fameliques,
		Les ebats des vieillards lubriques
		Et les complots des noirs filous.






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Lennemi

(Charles Pierre Baudelaire)


		Ma jeunesse ne fut quun tenebreux orage,
		Travers; ca et la par de brillants soleils;
		Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
		Quil reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.
		Voila que jai touche lautomne des idees
		Et quil faut employer la pelle et les rateaux
		Pour rassembler aneuf les terres inondees,
		Ou leau creuse des trous grands comme des tombeaux.
		Et qui sait si les fleurs nouvelles que jereve
		Trouveront dans ce sol lave comme une Greve
		Le mystique aliment qui ferait leur vigueur?
		Odouleur! Odouleur! Le Temps mange lavie,
		Et lobscur Ennemi qui nous ronge le coeur
		Du sang que nous perdons croit et se fortifie!




 

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Aune passante

(Charles Pierre Baudelaire)


		La rue assourdissante autour de moi hurlait.
		Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
		Une femme passa, dune main fastueuse
		Soulevant, balancant le feston et lourlet,
		Agile et noble, avec sa jambe de statue.
		Moi, je buvais, crispe comme un extravagant,
		Dans son oeil, ciel livide ou germe louragan,
		La douceur qui fascine et le plaisir quitue.
		Un eclear.. puis la nuit! Fugitive beaute
		Dont le regard mafait soudainement, renaitre,
		Ne te verrai-je plus que dans leternite?
		Ailleurs, bien loin dici! trop tard! jamais peut-etre!
		Car jignore ou tu fuis, tu ne sais ou je vais,
		Otoi que jeusse aimee, otoi qui le savais!




 

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La Cloche felee

(Charles Pierre Baudelaire)


		II est amer et doux, pendant les nuits dhiver,
		Decouter, pres du feu qui palpite et qui fume,
		Les souvenirs lointains lentement selever
		Au bruit des carillons qui chantent dans la brume.
		Bienheureuse la cloche au gosier vigoureux
		Qui, malgre sa vieillesse, alerte et bien portante,
		Jette fidelement son cri religieux,
		Ainsi quun vieux soldat qui veille sous la tente!
		Moi, mon ame est felee, et lorsquen ses ennuis
		Elle veut de ses chants peupler lair froid des nuits,
		II arrive souvent que sa voix affaiblie
		Semble le rale epais dun blesse quon oublie
		Au bord dun lac de sang, sous un grand tas de morts
		Et qui meurt, sans bouger, dans dimmenses efforts.






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La Beaute

(Charles Baudelaire)


		Je suis belle, omortels! comme un reve de pierre,
		Et mon sein, ou chacun sest meurtri tour atour,
		Est fait pour inspirer au poete un amour
		Eternel et muet ainsi que la matiere.
		Je trove dans lazur comme un sphinx incompris,
		Junis un coeur de neige ala blancheur des cygnes,
		Je hais le mouvement qui deplace les lignes,
		Et jamais je ne pleure et jamais je neris.
		Les poetes, devant mes grandes attitudes,
		Que jai lair demprunter aux plus fiers monuments,
		Consumeront leurs jours en dausteres etudes,
		Car jai, pour fasciner ces dociles amants,
		De purs miroirs qui font toutes choses plus belles:
		Mes yeux, mes larges yeux aux clartes eternelles!






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Elevation

(Charles Pierre Baudelaire)


		Au-dessus des etangs, au-dessus des vallees,
		Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
		Par-dela le soleil, par-dela les ethers
		Par-dela les confins des spheres etoilees,
		Mon esprit, tu te meus avec agilite,
		Et, comme un bon nageur qui se pame dans londe,
		Tu sillonnes gaement limmensite profonde
		Avec une indicible et male volupte.
		Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides,
		Va te purifier dans lair superieur
		Et bois, comme une pure et divine liqueur,
		Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
		Derriere les ennuis et les sombres chagrins
		Qui chargent de leur poids lexistence brumeuse,
		Heureux celui qui peut dune aile vigoureuse
		Selancer vers les champs lumineux et sereins,
		Celui dont les pensers, comme des alouettes,
		Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
		Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
		Le langage des fleurs et des choses muettes!




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Musee des Beaux Arts. Bregel

(Winston Auden)


		About suffering they were never wrong,
		The old Masters: how well they understood
		Its human position: how it takes place
		While someone else is eating or opening awindow or just walking dully along;
		How, when the aged are reverently, passionately waiting
		For the miraculous birth, there always mustbe
		Children who did not specially want it tohappen, skating
		On apond at the edge ofthe wood:
		They never forgot
		That even the dreadful martyrdom must run its course
		Anyhow inacorner, some untidyspot
		Where the dogs go on with their doggy life and the torturers horse
		Scratches its innocent behind on atree.
		InBreughels Icarus, for instance: how everything turnsaway
		Quite leisurely from the disaster; the ploughmanmay
		Have heard the splash, the forsakencry,
		But for him it was not an important failure; the sun shone
		As it had toon the white legs disappearing into the green
		Water, and the expensive delicate ship that must haveseen
		Something amazing, aboy falling out ofthesky,
		Had somewhere toget toand sailed calmlyon.




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InMemory ofW. B.Yeats

(Wystan Hugh Auden.)


		He disappeared inthe dead ofwinter:
		The brooks were frozen, the airports almost deserted,
		And snow disfigured the public statues;
		The mercury sank inthe mouth ofthe dyingday.
		What instruments we have agree
		The day ofhis death was adark coldday.
		Far from his illness
		The wolves ran on through the evergreen forests,
		The peasant river was untempted bythe fashionable quays;
		Bymourning tongues
		The death ofthe poet was kept from his poems.
		But for him it was his last afternoon as himself,
		An afternoon ofnurses and rumours;
		The provinces ofhis body revolted,
		The squares ofhis mind were empty,
		Silence invaded the suburbs,
		The current ofhis feeling failed; he became his admirers.
		Now he is scattered among ahundred cities
		And wholly given over tounfamiliar affections,
		Tofind his happiness inanother kind ofwood
		And be punished under aforeign code ofconscience.
		The words ofadeadman
		Are modified inthe guts ofthe living.
		But inthe importance and noise ofto-morrow
		When the brokers are roaring like beasts on the floor ofthe
		Bourse,
		And the poor have the sufferings towhich they are fairly
		accustomed,
		And each inthe cell ofhimself is almost convinced ofhis
		freedom,
		Afew thousand will think ofthisday
		As one thinks ofaday when one did something slightly unusual.
		What instruments we have agree




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